Dropping words

Téléphone de la manifestation: 05 62 30 23 30


  • 31/08/2019
    15:00 - 18:00

Plasticienne du fil, Rieko Koga réinterprète le Sashiko, broderie japonaise liée à la prière.

Mots et toile

Finnca # 3 Atelier d'écriture

 

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Lola Alvarez Bravo, Ruth Rivera Marin


 
Photo et poésie : 2 supports pour stimuler votre imagination le temps d’un atelier d’écriture riche en images et en traces ! Déliez vos mots au fil des photos de Lola Alvarez Bravo et de la poésie de Gabriela Mistral. Au Café Finnca – Espace de co-working Etincelle – 2, rue d’Austerlitz, M° Jean-Jaurès – 25€. Réservation obligatoire 0660937015.
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Mots et toile

De mer et de pierre (quelques jours sur la Costa Brava)

Coquillage de Célestin

Coquillage, trésor de l’enfance


La Costa Brava est une destination qui a longtemps sonné à mes oreilles comme une formule éculée. Elle m’évoquait peut-être seulement les constructions bétonnées des années 1960 qui tendent à donner au lieu tous les qualificatifs imaginables sauf celui de Côte Sauvage … Cette image s’est petit à petit effacée, pour ne disparaître complètement qu’au printemps dernier, quand les week-end prolongés passés là-bas me firent démentir toute idée de ce genre sur l’endroit.
La Côte Sauvage et la Côte Vermeille sont les côtés espagnol et français du littoral catalan. Tout le long de cette étendue méditerranéenne regorge de réserves naturelles, terrestres et sous-marines.
Plage d'Empùrïes

Plage d’Empùrïes face à la baie de Roses


Durant ces vacances de Toussaint, j’étais à l’Escala d’Empordà, ville à l’extrémité sud de l’anse où se trouve la baie de Roses, en contre-point à Cadaquès. Outre les beeeelles plages de sable fin où il fait bon roussir au soleil d’automne, le coin regorge de spots « vieilles pierres ». Le site archéologique d’Empùrïès domine une très jolie crique. Les bons points de cette plage : des rochers que les enfants prennent pour des îles à explorer, des fonds marins intéressants à quelques mètres du bord (oui, oui, quelques mètres), des petits recoins pour être à l’ombre, pratique notamment avec de jeunes enfants. Sur le site archéologique, la partie hellénistique mise à jour dernièrement est dominée par la réplique du dieu grec de la médecine, Esculape, dont l’original est conservé au musée du site (en fait, son attribution prête toujours à querelles de spécialistes, mais je le dénommerai Esculape comme il est présenté sur le site).
Asclépios/Esculape, Dieu de la médecine

Asclépios/Esculape, Dieu de la médecine


La partie grecque, toujours, comprend cet ensemble remarquable de filtres à eau, que j’ai trouvé assez graphique.
Filtres à eau

Filtres à eau


En remontant vers les terres, à l’ouest de la surface découverte, on domine les parties tournées vers l’intérieur, où environ 80% restent à fouiller… tout un programme.
Empùrïès, nord de la ville romaine

Empùrïès, nord de la ville romaine


 
Empùrïès, crique

Empùrïès, crique. En face : la baie de Roses


En contre-bas du site, on peut suivre le chemin côtier entièrement balisé pour les vélos et les piétons, et descendre jusqu’à la mer, le tout compris dans un mouchoir de poche. Cette zone concentre énormément de richesses : naturelles, culturelles, historiques et gastronomiques. L’Escala était un port très actif qui a bâti sa prospérité sur la pêche et le commerce des anchois. Une conserverie d’anchois demeure d’ailleurs à la sortie de la ville, en direction de San Marti, et est très réputée. On y trouve même du garum, cette sauce à base de poissons en saumure que les Romains, dans l’Antiquité, utilisaient largement.

Mots et toile

Charlotte Perriand, mémoires solaires

« Rien n’est dissociable, ni le corps de l’esprit, ni l’homme du monde qui l’entoure, ni la terre du ciel », Ch. Perriand, Une vie de création, Odile Jacob, 2005, p. 17.

J’ai toujours aimé le travail de Charlotte Perriand. Ses réalisations en ameublement ou en architecture sont fonctionnelles, sobres et en accord avec l’environnement dans lequel elles prennent place : vie urbaine, stations d’hiver, appartements sous combles… Elle, la petite gamine de la Place du Marché-Saint-Honoré, bercée au milieu des tissus et des aiguilles, se souvient en un flash d’un épisode marquant pour toute sa vie future : vers l’âge de dix ans, un court séjour à l’hôpital lui fait détester l’appartement paré de bibelots de ses parents. Elle trouve ce lieu trop chargé à son goût et « pleure » parce qu’elle se sentait si bien dans les espaces blancs, dépouillés de l’hôpital.

Charlotte Perriand, Une vie de création

Charlotte Perriand, Une vie de création


De ce livre destiné à nous renseigner sur la formation, l’oeuvre et la vie de Charlotte Perriand, on ressort dynamisé, aiguillé vers des sommets de minimalisme, de fonctionnalisme et d’équilibre. J’entame avec grand bonheur la relecture de cet ouvrage qui retrace la vie foisonnante d’une jeune fille animée d’une joie créatrice hors du commun, bien déterminée à faire entendre sa voix dans un univers souvent dominé par les hommes -l’architecture- et pas des moindres, puisqu’elle travailla principalement avec Le Corbusier et Pierre Jeanneret, mais aussi le peintre Fernand Léger.
Comment la définir ? Définitivement « moderne », en réaction aux dogmes traditionnels, c’est aux côtés de Fernand Léger, Pierre Jeanneret et Le Corbusier qu’elle lutte pour défendre un projet de l’art d’habiter où l’homme est au centre, et pas l’objet. C’est sans doute parce qu’elle a fait de ce précepte la ligne directrice de toutes ses recherches que les meubles qu’elle a dessinés et vu réalisés sont confortables et devenus des classiques du design aujourd’hui.
En parallèle, Charlotte Perriand s’empare des questions d’hygiène et de salubrité liées à l’habitat collectif. Les très mauvaises conditions de vie qui étaient celles de beaucoup de franciliens dans l’entre-deux-guerres mènent Charlotte Perriand à ce constat : comment habiter les villes au XXe siècle ? Pour la fillette d’ascendance savoyarde qui a grandi dans la campagne Bourguignonne jusqu’à ses trois ans, le grand air, le soleil et la présence des potagers sont fondateurs. Elle s’attacha à lier l’homme à ses environnements d’habitat et de travail. Plusieurs voyages au Japon (1940-1941, 1954) lui permettent de confronter ses projets d’ameublement et d’architecture avec les traditions japonaises dans lesquelles les matériaux diffèrent de ceux qu’elle connaît en Europe : la grande place occupée par le bambou et la maîtrise du papier, extrêmement présent dans l’ameublement nippon (papier de riz).
Récemment, Louis Vuitton a financé comme mécène « La petite maison au bord de l’eau » dont les esquisses préparatoires remontent de 1936 (quelques images). Décédée en 1999, Charlotte Perriand n’aurait pas dit non à un bon bain de soleil sur la terrasse centrale.
Charlotte Perriand, Une vie de création, Odile Jacob, Paris, 2005, 425 pages.

Mots et toile

Un "mook" inspirant : muze

Depuis que je sais lire, j’ai lu, feuilleté, dévoré des centaines de magazines et revues : à sept ans et des poussières, ma soeur et moi nous basions sur les fiches-recettes de Femme Actuelle pour concocter les repas du samedi midi (il m’en reste d’ailleurs un très bon souvenir d’escalopes de dinde façon dijonnaise), les posters tirés des magazines pour ados jonchaient le sol et tapissaient les murs de ma chambre, les féminins firent leur entrée avec Jeune et Jolie (et pourquoi pas Vieille et Moche ?) puis très vite ELLE car il avait au moins cet avantage sur le précédent de comporter des pages littérature et cinéma. Encore aujourd’hui, mon coiffeur me garde les fiches-recettes du ELLE car la divine Élisabeth Scotto les maintient à un très haut niveau, mais si je continue à les feuilleter chez le médecin, c’est d’un oeil de plus en plus distrait, car leur contenu à tous est quand même faiblement renouvelé. Qui plus est, avec mes années de pratique, l’excitation de la découverte du dernier motif vestimentaire à la mode a fait place à une monotonie, une sensation d’ennui en tournant des pages de papier glacé où les modèles, les actrices interviewées à l’autre bout du fil (Paris-L.A.) et le-maillot-de-l’été-à-la-coupe-avantageuse sont absolument interchangeables. Certaines de mes copines les surnomment les « vide-cerveaux ».
Au lycée où je préparais le bac littéraire, j’étais abonnée à Beaux-Arts magazine et dans la chambre de notre dortoir nous nous échangions Le Magazine Littéraire qui formait une base pédagogique à l’élaboration des disserts de philo comme de lettres et fournissait un bon répertoire d’auteur(e)s. Puis il y a eu Le Matricule des Anges, La Quinzaine Littéraire, le cocasse et fantaisiste Tigre (découvert au Festival de B.D. de Colomiers).
Et, cet été, j’ai découvert un nouveau « féminin » qui m’a plu parce que, surtout, il n’en n’est pas un, ou plutôt il n’est certainement pas que ça.

muze juillet/août/septembre 2014

muze juillet/août/septembre 2014


Pour donner le ton (éditorial) muze est un mook* : ce mot est la contraction des termes magazine + book, et si le mook n’appartient ni véritablement à l’un, ni totalement à l’autre, il a tenté de créer un format hybride, une expérience de presse qui se love dans les rayons des librairies. muze est un trimestriel édité par les éditions Bayard. À ses manettes, la rédactrice en chef Stéphanie Janicot, également romancière, propose une ligne éditoriale très culturelle. muze propose beaucoup de dossiers consacrés aux arts plastiques, à la littérature dont les auteur(e)s sont féminines, souvent. J’apprécie notamment l’onglet « Atelier d’écriture », dans lequel chaque numéro donne à lire les conseils d’un(e) auteur(e), les nouvelles de lectrices et/ou d’écrivain(e)s publié(e)s.
Sur le bandeau de la couverture, c’est le titre du dossier « La peau, livre de nos émotions » qui a retenu mon attention et m’a finalement poussée à acquérir ce volume. Une très belle interview avec la dermatologue Danièle Pomey-Rey lui est consacrée, où la peau est abordée sous toutes ses coutures, comme une extension du cerveau dans la vie foetale, comme un étalage de nos émotions et affects à l’âge adulte. D’autres thèmes centraux pour la peau sont abordés : le tatouage, la scarification, le blanchiment, la pigmentation, les rapports subtils (et impossibles ?) entre le cinéma et la peau, entre la littérature et la peau.
C’est d’ailleurs l’occasion de découvrir ou de relire l’excellente Régine Detambel, kinésithérapeute de profession et merveilleuse romancière : elle est interrogée au sujet du toucher, elle qui a fait du corps le thème central de son oeuvre littéraire. La lecture de son très beau Petit éloge de la peau m’avait offert beaucoup de bien-être. J’en ai fait un petit talisman dans lequel je me replonge régulièrement : l’écriture très travaillée, érudite et profonde de Detambel nourrit et guérit. Enfin, cela est subjectif mais si vous la connaissez, dites-moi ce que vous en pensez. « Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme, c’est sa peau » (Petit éloge de la peau, Saucissonnades, p. 51).
Petit éloge de la peau, Régine Detambel

Petit éloge de la peau, Régine Detambel, Gallimard, Folio, 2007, 144 p.


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*Il faut rendre à César…Terme déposé en 2007 par Henri Dougier, alors patron des très bonnes Éditions Autrement, pour la revue thématique qu’il venait de créer et qui devint le nom générique appliqué à ce format transgenre.

Mots et toile