Fabriquer son livre d’artiste

Livre pauvre Daniel Leuwers

Livre pauvre Daniel Leuwers, D.R.

Fabriquer son livre d’artiste, c’est entrer dans le laboratoire du livre comme amusement. Nous utiliserons notamment des matériaux qu’on a à portée de main. À l’issue de cette journée, chacun-e repart avec un objet fini. Cet atelier s’adresse à tous les publics à partir de 10 ans. Atelier limité à 10 places. 55€/personne, tout le matériel est fourni.

Papiers nobles, papiers recyclés, objets de rebuts, objets glanés dans la nature, récup’ diverse : les éléments qui entrent dans la fabrication de votre livre d’artiste trouvent là une seconde vie. Et c’est ce qui m’intéresse : donner ses lettres de noblesse aux matériaux dits pauvres ou déconsidérés à partir du moment où ils ont « servi ». Durant cette journée créative, je vous proposerai :

  • d’écrire un texte poétique,
  • de tracer, à la manière des enlumineurs dans les marges et sur les pages des manuscrits,
  • de donner forme à votre livre,
  • et de repartir avec l’objet créé !

Le livre d’artiste est un livre original, dont le tirage, souvent, n’excède pas quelques exemplaires (de 2 à 7). Il mobilise un-e artiste poète-poétesse et plasticien-ne. Pierre Alechinsky, Stéphane Mallarmé ou Henri Matisse ont défendu le livre à peu d’exemplaires.

Fabriquer son propre livre d’artiste, c’est se faire artiste de l’écrit et de l’image. Écrire un texte original et le sublimer en le recopiant, manuscrit, sur une surface de papier qui reçoit aussi des signes graphiques : poésie du trait, poésie des mots, poésie de la trace. On l’appelle aussi livre pauvre. Et par cette appellation volontairement provocatrice désigne un livre entièrement manuscrit et manufacturé, l’art est perméable au quotidien. Dans la plus pure tradition des livres enluminés du Moyen-Âge, on se surprend à donner naissance à des livrets admirables, étonnants, colorés, texturés, qui tiennent dans un sac et s’exposent sur une étagère ! Une façon ludique et poétique de mettre en lumière sa créativité en deux et en trois D.

Mots et toile

Samedi 8/06 le nu, la peinture…

et Éros en fait toute une histoire ! Dernière séance de notre cycle annuel Écrire Éros, c’est l’occasion d’échanger sur nos perceptions sensuelles dans les peintures. Synesthésies, correspondances : peinture et écriture tissent là des textures serrées par l’entremise des fils et des lignes.

Danaë ou la pluie d’or, Gustav Klimt. 73 x 88 cm. DR.

Mots et toile

Samedi 9/03 la peau, support des sensations

Deux hommes tatoués, époque Edo, D.R.

La peau est l’organe qui s’offre à tous les vents, qui crépite sous les morsures du soleil. L’épiderme s’embellit sous l’effet de l’aiguille, fin stylet qui distille encre et motifs de beauté. La peau est un support d’expression et un support de sensations. À propos des liens entre la beauté et la douleur, que dit Le Tatouage de Junichirô Tanizaki ? La seconde est-elle nécessairement le corollaire de la première ? Un atelier pour travailler le conte autour de l’art du tatouage.

Chaque instillation d’encre lui coûtait un effort infini ; chaque mouvement pour enfoncer et retirer l’aiguille lui arrachait un profond soupir, comme s’il perçait son propre cœur comme un asservissement total.

« Le Tatouage », Junichirô Tanizaki, première parution 1901, nombreuses rééditions.

Mots et toile

Samedi 23/02 Va dans ta chambre !

Va dans ta chambre ! Visuel Ronald Curchod 2019 Fondation écureuil pour l’art contemporain.

Espace de soi, lieu intime, la chambre d’ado, plus qu’aucune autre, reflète l’état intermédiaire de l’adulte à venir, de l’enfant toujours présent. En bloc, en poésie, en dialogues, trois propositions d’écriture pour rencontrer les chambres… tant aimées !

Mots et toile

Jeudi 14/02 La fille au Leica

La fille au Leica, Helena Janeczek, Actes Sud, 2018.

« La fille au Leica » retrace la vie de Gerda Taro, photographe et compagne de Robert Capa. Helena Janeczek lui rend hommage dans cette biographie narrative parue aux éditions Actes Sud en 2018. D’une structure romanesque subtile, qui met en parallèle trois témoins qui sont autant de prismes pour rendre la tessiture de la vie maillée serrée de Gerda Taro, « La fille au Leica » donne un portrait lumineux de cette jeune femme émancipée. Elle vécut en résistante, en exilée, en militante, et c’est la découverte récente de la valise mexicaine qui permet d’apporter un éclairage neuf sur sa vie.

C’est sur les pas de la photographe que nous ferons un saut dans l’histoire. J’ai intitulé ainsi cette journée d’écriture qui fait le focus sur l’Histoire comme matériau nourricier pour l’écriture, qu’elle soit poétique ou prosaïque. Durant une journée d’écriture à la librairie Ombres Blanches, la matrice historique sera le catalyseur de votre écriture, avec des propositions qui vont de la poésie à la narration.

Gerda Taro, c’est pire qu’un effacement. […] Ce qui est pire que la mort c’est la disparition. Or effectivement, à un moment Gerda Taro a disparu de la mémoire. On a beaucoup accusé Capa, qui était son compagnon, et qui tout de suite après la mort de Gerda Taro a publié un livre d’hommage qui s’appelle « Death in making », La Mort en action, et ce livre est signé Robert Capa et en sous-titre « Photos de Robert Capa et Gerda Taro ». Ensuite il y a toute une série de photos et personne ne sait lesquelles sont de Taro et lesquelles de Capa. Mais tous les versos des tirages qui sont déposés dans les agences de photo, particulièrement chez Magnum, portent la mention Gerda Taro et cette mention est soit rayée, soit superposée pour être remplacée par « Copyright Robert Capa, Magnum ».

François Maspero, L’ombre d’une photographe, Points, 2016.

Immergez-vous dans ce moment d’histoire en écoutant cette émission de France Culture.

Mots et toile

Écrire en juin !

marilyn-monroe-écrivant
Juin avance à pas feutrés, plongez-vous dans la page : blanche, griffonnée, noircie… Et laissez couler l’encre en vous ancrant aux phrases couchées sur le papier.

  • Écrire Éros ! Samedi 30 juin de 14h30 à 17h30.
    • Découvrez en avant-première un échantillon de mon cycle inédit pour 2018-2019. À partir d’une série d’images et de textes coquins, donnez du piment à vos écrits ! Cette séance pilote vous transportera dans des époques et des genres variés, grâce auxquels vos stylos gagneront une note érotique et humoristique. Blasons, sonnets, haïkus… Autant de formes littéraires dans lesquelles laisser libre cours à votre fantaisie !
      – La Firme, 38, rue Gabriel Péri – 31000 Toulouse – M° Jean-Jaurès – 30€ – Collation offerte – Réservation indispensable au 0660937015 ou par le formulaire ci-dessous.
  • Espace, Corps & Graphie – Samedi 16 et dimanche 17 juin – Salle du Bestiaire, 3, Impasse Troy – 31200 Toulouse. Atelier pilote – 140€ par personne + 5€ d’adhésion à l’association Le Bestiaire. Places limitées, réservation indispensable avant le 08/06/2018, avec un versement de 40€ d’arrhes (chèque ou cash, avec nom et contact).
    • Ecrire à l’aune de son corps, arpenter l’espace avec les mots : un atelier co-animé avec Veronica Ripoll-Senpau, thérapeute et analyste corporelle. Deux jours pour dire l’ordinaire, montrer l’extraordinaire. Une proposition dont le répertoire est le corps et les gestes, nos alphabets. Cet atelier est reporté !
      • Pour tous les ateliers, les places sont limitées, réservez la vôtre ! Que vous soyez débutant-e ou adepte de l’art d’écrire, essayez l’écriture en atelier, une façon décomplexée de pratiquer les mots…

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Mots et toile

…à vos agendas pour écrire en ateliers au printemps 2018 !

Je serai ravie de vous retrouver, de vous rencontrer, enfants, ados et adultes lors de mes prochains ateliers d’écriture de ce printemps 2018 ! Fuji Hanami

  • Samedi 24 mars « écrire en famille » Fondation écureuil 15h30-17h30 5€/famille, à partir de 8 ans, contact@caisseepargne-art-contemporain.fr 05 62 30 23 30
  • Samedi 31 mars « Festival Acts’Arts : L’improvisation » MJC Roguet – St-Cyprien 9, rue de Gascogne (participation libre) :
    • 11h-12h
    • 12h15-13h15
    • 14h15-15h15
    • 15h30-16h30
  • Samedi 7 avril « Siri Hustvedt#1 » Atelier Brooklyn – M° François-Verdier 28, rue Caraman 30€/personne 13h30 – 16h30
  • Samedi 14 avril « L’entaille de Humboldt » Fondation écureuil 15h30-17h30 5€/personne, contact@caisseepargne-art-contemporain.fr 05 62 30 23 30 = COMPLET
  • Jeudi 26 avril « Ta tasse de thé » atelier Céramique et Haïkus 10h-17h – 19 av. de Lespinet, co-animé avec Patrice Couget, céramiste. 70€/personne
  • Samedi 28 avril « L’entaille de Humboldt » Fondation écureuil 15h30-17h30 5€/personne, contact@caisseepargne-art-contemporain.fr 05 62 30 23 30
  • Samedi 5 mai « Siri Hustvedt#2 » La Firme – M° Jean-Jaurès 38, rue Caraman 30€/personne 14h30 – 17h30
  • Samedi 2 juin « Siri Hustvedt#3 » La Firme – M° Jean-Jaurès 38, rue Caraman 30€/personne 14h30 – 17h30
  • 13-15 juillet au Festival des Histoires Vraies (Autun), programme à venir !

Pour tous ces ateliers, le nombre de places est limité : prenez soin de réserver la vôtre !
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Mots et toile

Finnca # 3 Atelier d'écriture

 

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Lola Alvarez Bravo, Ruth Rivera Marin


 
Photo et poésie : 2 supports pour stimuler votre imagination le temps d’un atelier d’écriture riche en images et en traces ! Déliez vos mots au fil des photos de Lola Alvarez Bravo et de la poésie de Gabriela Mistral. Au Café Finnca – Espace de co-working Etincelle – 2, rue d’Austerlitz, M° Jean-Jaurès – 25€. Réservation obligatoire 0660937015.
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Mots et toile

BLEU. Histoire d'une couleur, Michel Pastoureau

Dans une autre vie, j’ai été médiéviste. Bien que cette période soit lointaine et révolue, elle n’en fut pas moins riche et passionnante. Cela remonte à une petite dizaine d’années et j’avais choisi -enfin j’avais été téléguidée, car les sujets de recherche, comme chaque impétrant l’apprend plus ou moins à ses dépends, ne sont vraiment jamais choisis que par le directeur de recherches dont il épouse les problématiques- un groupe de manuscrits épiscopaux du 11ème siècle. Je pensais m’orienter vers l’étude de peintures murales médiévales or la région comtoise n’en comptait plus aucune ou des fragments déjà étudiés. Pendant les 3 ans que durèrent les années de maîtrise et de DEA, j’ai lu, vu, bu, mangé, respiré, écouté, goûté, rêvé d’art carolingien et roman, jusqu’à l’indigestion. Une fois le contenu spécialisé englouti, j’avais atteint le trop-plein. J’ai fort heureusement observé un jeûne de quelques mois, puis, doucement je suis revenue à ce qui touche à l’histoire de l’art, et à tâtons j’avançai vers la période médiévale. Ma mémoire semblait fonctionner comme un catalyseur de données, les bénéfices de mes explorations artistiques, culturelles et littéraires étaient exponentielles, je me régalais des essais de Daniel Arasse, des théories picturales d’Antoni Tàpies, de la correspondance de Gertude Stein avec Pablo Picasso, des écrits non romanesques de Marguerite Yourcenar, des théories sur la peinture de Zola ou Stendhal.
Le nom chantant de Pastoureau (qui signifie aussi berger) me revenait régulièrement en mémoire, son ouvrage sur la symbolique des couleurs traînait chez mes parents, je le feuilletais pour mes cours d’arts plastiques au lycée. Je l’avais relégué dans la case baccalauréat dont je n’actionnerais plus le tiroir. Quoique… Un beau jour, son opus BLEU a connu un retentissement que nulle publication de ce petit-cousin de Claude Levi-Strauss n’avait éprouvé jusqu’alors. Les vitrines des librairies se paraient de cette couverture bleu Klein format carré ; la presse spécialisée criait au génie devant cette astucieuse somme consacrée à une couleur, abordée dans d’innombrables nuances et avec une érudition joyeuse. Tout Pastoureau était là, le savoir, la transmission, le plaisir de connaître et d’enseigner. Avec rigueur. Avec passion. Non sans humour. Le beau BLEU est intéressant à plus d’un titre.

BLEU. Histoire d'une couleur, Michel Pastoureau, Éditions du Seuil, 2002.

BLEU. Histoire d’une couleur, Michel Pastoureau, Éditions du Seuil, 2002.


 
Il balise l’histoire des couleurs dans les sociétés occidentales depuis les peintures pariétales, resserrant le cadre sur le début de l’époque chrétienne en Occident, mieux lotie en documents écrits et témoignages graphiques, plastiques et sculptés. Michel Pastoureau déroule le fil de la couleur bleue jusqu’à aujourd’hui, où elle est devenue « la couleur favorite des européens », rimant avec consensus dans le pire des cas, avec équilibre spirituel (parce que procurant un apaisement occulaire) dans le meilleur. Au fil du temps, le bleu est tantôt une couleur discrète, tantôt une teinte intense, synonyme de pouvoir.
Si je ne devais retenir qu’un aspect du livre, ce serait : la composante culturelle des couleurs. Une couleur est avant tout le résultat d’une construction sociétale, dont la perception diffère selon les civilisations. Ainsi les Inuits possèdent des dizaines de mots pour désigner le neige, puisque leur univers est fait de blancs… Une couleur n’est jamais une, elle échappe, fait son chemin, n’obéit jamais à un seul attribut. Juste après les fêtes de fin d’année et les atroces ‘jouets genrés’, d’aucuns peuvent se souvenir qu’il était une fois, le rose était la couleur portée par les hommes, et les figures de la Vierge se drapaient d’étoffes d’un bleu outremer intense…
BLEU. Histoire d’une couleur. Éditions du Seuil, 2002, 216 pages (2000 pour la première édition avec 90 illustrations). ISBN 2.02.055725.8
Bibliographie (très) sélective :
Le Petit Livre des couleurs, Michel Pastoureau, Dominique Simonnet, Panama, 2005. ISBN 2755700343.
La Bible et les Saints, Michel Pastoureau, Gaston Duchet-Suchaux, Flammarion (Tout l’art référence), 2006. ISBN 2080115987.
Le Cochon. Histoire d’un cousin mal aimé, Michel Pastoureau, Gallimard (Découvertes n° 544), 2009, 160 p. ISBN 2070360385.

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