Poème d'abribus

Bus 10, Pont-Neuf, Toulouse

Bus 10, Pont-Neuf, Toulouse


Jacques Jouet écrit des poèmes de métro, une forme qu’il a inventée et dont il détaille les consignes sur cette page de l’OuLiPo. C’est peut-être ce jeu d’écriture aux règles strictes qui a incité mes doigts à faire frissonner le clavier de mon smartphone quand j’attendais le bus lundi dernier. J’ai commencé à écrire une liste de courses : lait, riz, papier toilette, coulis de tomates. Puis, comme c’était un jour de vacances, la fréquence de passage des bus était relâchée et j’ai eu quelques minutes de rab. Voici le poème tel quel. Un poème d’abribus. Et vous, vous en écrivez des poèmes de transport ? en commun ? amoureux ? …
Station Demouilles
17h17 la pluie cesse et les passantes s’entassent sous l’abribus, il fait humide jusqu’aux os à moelle qui déversent leur roudoudou gélatineux dans le pot-au-feu
Les palmiers pleurent des larmes de coton en sepia sur la croisette enneigée événement rare au second mois de l’année
Espace
Sépulcre de givre entre les doigts de pied
Au Carlton les baies géminées disent la splendeur du palais avant mai
Quand les magnolias devancent la terre du Crétacé les bronzes étrusques mordent l’aube enfin
Un couple enlacé furtivement s’éteint avec la nuit de mars
Nous décrochons des pas lourds de plomb sur une lande tourbeuse
Nous nous enfonçons comme s’il en pleuvait et la larme de tes baisers aussi me coule le long de la colonne vertébrale sans épines et rompue à la tâche.

Tous les textes et photographies publiés sur chezliseron.com sont ma propriété. Merci de ne pas les reproduire, partiellement ou intégralement, sans me l’avoir demandé. Elise Vandel-Deschaseaux.

 
 

Mots et toile

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