Ateliers d'écriture de l'été – Fondation écureuil

Chantal Vey

Chantal Vey, à contre-courant, exposition Fondation espace écureuil pour l’art contemporain


Deux ateliers d’écriture toujours inédits et conçus pour vous faire découvrir l’exposition avec vos mots ! Invitez vos imaginations à déployer ses phrases au fil d’une expo qui poursuit la longue route de sable…

  • Atelier en famille ! Samedi 28 juillet de 15h30 à 18h30. Je vous propose un temps d’expression où l’imagination s’éveille, en lien avec les œuvres de l’exposition. A partir de 7 ans – participation aux ateliers de 5 euros par famille – 10 personnes maximum.
  • Atelier adultes, à partir de 16 ans. Samedi 25 août de 15h30 à 18h30. Le sable est un matériau mouvant, l’écriture aussi : faites une plongée narrative à contre-courant dans l’univers intime de Chantal Vey. Participation aux ateliers de 5 euros – 10 personnes maximum.

 

Mots et toile

Atelier d'écriture du 5 mai à La Firme

sirihustvedt amongst masterpieces
 

  • Samedi 5 mai « Siri Hustvedt#1 » La Firme – M° Jean-Jaurès 38, rue Caraman 30€/personne 14h30 – 17h30
  • Samedi 2 juin « Siri Hustvedt#2 » La Firme – M° Jean-Jaurès 38, rue Caraman 30€/personne 14h30 – 17h30

Le cycle « Auteur-e-s des Etats-Unis » se poursuit avec 2 ateliers de 3 heures consacrés à Siri Hustvedt en mai et en juin.
Venez vous exprimer à l’aide d’une méthode qui vous permet de libérer les mots, de les structurer et de les transformer en matière créative ! Le roman «Tout ce que j’aimais» sert de fil rouge. Siri Hustvedt y dépeint un microcosme new-yorkais déréglé, dans lequel elle convoque l’art contemporain, les regrets, l’amitié, l’amour et la maladie. Cet atelier dédié à la romancière croisera art, regard, et psychologie. Comment lier les ingrédients qui font qu’un lecteur croit corps et âme à votre personnage ? Nous déambulerons comme des curieux parmi la galerie de personnages que vous élaborerez !
Siri Husdvedt est une romancière, essayiste et poétesse née aux États-Unis en 1955. Son premier roman, Les Yeux bandés, paraît en 1992. Trois ans après, Tout ce que j’aimais connaît un succès mondial. Depuis quelques années, elle mêle intimement les neurosciences et aspect fictionnel dans son œuvre. Vivre, penser, regarder, recueil d’une trentaine d’articles, témoigne de sa réflexion érudite, passionnée sur le genre humain. Toute son œuvre est publiée chez Actes Sud.
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Mots et toile

Joan Didion, atelier d'écriture #2

Quelques places ! Ce samedi 10 mars de 14h30 à 17h30, partez en Californie, avec Joan Didion. Un atelier pour vous, amoureux des mots et des ambiances, des portraits croqués à l’encre du crayon !
 

Dunne, Didion, & Daughter

Joan Didion and her family in Malibu


Atelier Brooklyn, 28, rue Caraman, 31000 Toulouse – M° François-Verdier, 30€/personne.
 
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Mots et toile

Micro nouvelle

J’ai écrit ce texte lors d’un des ateliers d’écriture animés par la pétulante Céline Benssoussan, à l’Estaminot.

De toutes les sciences qu’on inculque dans le rouge, les vieilles femmes s’en moquent. À la fin de la guerre, les corps emmenés vers la mer, dans une dernière procession, les civils prennent la vague pour support de leur ultime engagement. Dans ce corps-à-corps sans équilibre, pas de liaison. Il zappe. Sur la chaîne de reportages, il entend : « L’irruption de Zélie dans l’église, son regard que le docteur avait saisi, cette réunion de tous les intéressés sur la place ». Il zappe encore. « Escapades gourmandes », l’émission qu’il préfère quand son frigo est vide, fait irruption dans son univers de pantouflard affamé. Il tapote « National Geographic » sur la télécommande, les lionceaux dévorent une gazelle, c’est la jungle, la sauvagerie. Une telle puissance dans leurs mâchoires grandes ouvertes. C’est beau. Il bâille. Il prend une bière dans le frigo et s’entaille la main avec le limonadier rouillé.
Tétanos, tétanisé, titan, tout se mélange dans sa tête pendant que son doigt pisse le sang. La faim le tiraille de plus en plus, ce qui n’arrange pas ses affaires. Et il a de l’ambition comme chef d’entreprise. Le stock de limonadiers entreposé sous l’évier depuis vingt ans témoigne autant de la tendresse qu’il porte aux objets que de son attachement à des articles de commerce invendus. Il faut croire que l’imaginaire peut bien faire les choses, à supposer que la rencontre de son index avec une lame rouillée poignarde son quotidien d’une balafre indélébile.
Bon sang ! Après 24 heures de télé, ses yeux piquent sérieusement. En lui, c’est le chaos. Une révolte sourde gronde.
Il se lève d’un bond. Attrape la cuillère dans le seau à glaçons. Enfonce son doigt visqueux dedans. Les coulures rougeâtres teintent les cubes qui fondent peu à peu avec le liquide chaud. Il ajoute de la vodka pour désinfecter son doigt. « Nature morte au bloody mary », écrit-il comme légende de la photo qu’il poste sur Instagram. Son index pris dans les glaces retrouve assez de mobilité pour attraper la télécommande qui positionne le curseur sur le film d’Alain Resnais, « Hiroshima mon amour ».

Tous les textes, sauf mention contraire, sont la propriété exclusive d’Élise Vandel. Merci de ne pas en reproduire tout ou partie sans m’en faire la demande 🙂
Mots et toile