Donne la parole à ton bol !

Bol Chawan – P. Couget 2018

Venez plonger votre imagination dans la matière créative des mots et de la terre ! Les phrases se façonnent sous nos doigts lorsqu’on les couche sur le papier. La terre modelée donne forme aux objets utilitaires.

Combiner le modelage d’un bol et l’écriture de poésie, tel est le programme de cette journée ! 3 places restantes pour l’atelier Terre et écriture du dimanche 27 janvier, en co-animation avec Patrice couget céramique : emprunter la voie de la terre pour laisser votre empreinte, votre trace.
Les objectifs de cet atelier sont :
-vous faire découvrir et apprendre un style et des techniques d’écriture japonais qui permettent de créer des poèmes courts : les haïkus
-vous faire fabriquer un bol en terre sur lequel vous inscrivez votre poésie.
Le fil conducteur sera le Japon.
La partie modelage de l’atelier est assurée par Patrice Couget, céramiste.
Dimanche 27 janvier 2019 de 10h00 à 17h00 à l’Atelier 19 Bis – 19, Avenue de Lespinet / 50 €/personne /  Repas partagé le midi. Tous niveaux.
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Mots et toile

…à vos agendas pour écrire en ateliers au printemps 2018 !

Je serai ravie de vous retrouver, de vous rencontrer, enfants, ados et adultes lors de mes prochains ateliers d’écriture de ce printemps 2018 ! Fuji Hanami

  • Samedi 24 mars « écrire en famille » Fondation écureuil 15h30-17h30 5€/famille, à partir de 8 ans, contact@caisseepargne-art-contemporain.fr 05 62 30 23 30
  • Samedi 31 mars « Festival Acts’Arts : L’improvisation » MJC Roguet – St-Cyprien 9, rue de Gascogne (participation libre) :
    • 11h-12h
    • 12h15-13h15
    • 14h15-15h15
    • 15h30-16h30
  • Samedi 7 avril « Siri Hustvedt#1 » Atelier Brooklyn – M° François-Verdier 28, rue Caraman 30€/personne 13h30 – 16h30
  • Samedi 14 avril « L’entaille de Humboldt » Fondation écureuil 15h30-17h30 5€/personne, contact@caisseepargne-art-contemporain.fr 05 62 30 23 30 = COMPLET
  • Jeudi 26 avril « Ta tasse de thé » atelier Céramique et Haïkus 10h-17h – 19 av. de Lespinet, co-animé avec Patrice Couget, céramiste. 70€/personne
  • Samedi 28 avril « L’entaille de Humboldt » Fondation écureuil 15h30-17h30 5€/personne, contact@caisseepargne-art-contemporain.fr 05 62 30 23 30
  • Samedi 5 mai « Siri Hustvedt#2 » La Firme – M° Jean-Jaurès 38, rue Caraman 30€/personne 14h30 – 17h30
  • Samedi 2 juin « Siri Hustvedt#3 » La Firme – M° Jean-Jaurès 38, rue Caraman 30€/personne 14h30 – 17h30
  • 13-15 juillet au Festival des Histoires Vraies (Autun), programme à venir !

Pour tous ces ateliers, le nombre de places est limité : prenez soin de réserver la vôtre !
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Mots et toile

…écrire le Japon


Ados, enfants de 11 à 16 ans, venez écrire votre Japon mardi 27 février de 15h à 17h ! Listes et quotidien, photos et histoires à inventer… Cet atelier aura lieu Quartier Saint-Exupéry (le lieu vous sera communiqué lors de votre inscription). Tarif : 20 €/personne. Réservation obligatoire via le formulaire de contact ou au 0660937015.
 
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Mots et toile

Richard Brautigan#1 Samedi 2 décembre

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Fragments et proses poétiques : chez Brautigan, le mot tombe juste. Son texte ne se pare d’aucun artifice et l’émotion affleure à chaque page. Du sonnet revisité au haïku, venez promener vos stylos d’un continent du rêve à l’autre !

  • Samedi 2 décembre de 14h30 à 17h30, Richard Brautigan => ATELIER COMPLET !

Atelier Brooklyn – Quartier St-Aubin – M° François Verdier (30€) – à partir de 16 ans.

Mots et toile

Exposition H.A.D., trois ateliers d'écriture à la Fondation Écureuil

L’exposition H.A.D. (pour Hier Aujourd’hui Demain) conçue par Jean-Pierre Viot et Haguiko, couple de céramistes, donne lieu à une série de trois ateliers d’écriture que j’ai élaborés selon un rythme ternaire. Le public ? Adolescents et adultes !

Installation Jean-Pierre Viot et Haguiko, Fondation d'entreprise Écureuil pour l'art contemporain. Cliché : tous droits réservés Caisse d'Épargne-art contemporain.

Installation Jean-Pierre Viot et Haguiko, Fondation d’entreprise Écureuil pour l’art contemporain. Cliché : tous droits réservés Caisse d’Épargne-art contemporain.


Des matières volcaniques et ouatées d’Haguiko aux pots colorés quasi organiques de Jean-Pierre Viot, la terre s’expose dans tous ses états : crue et nue à même le sol, cuite et colorée sur les murs… Deux univers, deux visions du monde qui s’entrecroisent et dialoguent au creux des mains. La terre est une expérience sensible, toujours nouvelle, qui se laisse caresser. Intuition poétique, couleur, verticalité et horizontalité, silence : les œuvres de JP Viot et Haguiko bruissent de mille histoires à faire surgir.
Samedi 3 décembre 2016 15h-18h : le premier atelier d’écriture a pour thème la naissance, les temps anciens, la temporalité passée vivace et constructive.
Samedi 7 janvier 2017 15h-18h : le deuxième atelier d’écriture s’articule autour de la maturation, du temps lent et nécessaire, devenu une rareté aujourd’hui.
Samedi 25 février 2017 15h-18h : le troisième atelier d’écriture s’attarde sur la transformation, le changement d’état des matières et de l’inconnu, cet à-venir fait du terreau de toujours.
Nous vous invitons à vous inscrire aux trois ateliers pour dérouler votre écriture et laisser remonter vos mots à la surface de la page.
Les ateliers vous sont offerts par la Fondation, mais il vous faut réserver car le nombre de places est limité. Inscrivez-vous directement via le formulaire de contact :
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Mots et toile

Jeux de haïkus en préparation pour Melle Violette

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Préparation des ateliers Melle Violette


Les événements de Mademoiselle Violette commencent ce week-end leur session d’automne à Toulouse ! C’est ma première participation à ces journées, et j’ai hâte de vous y rencontrer. Au cours de ces deux journées particulières, je vous ferai plonger dans le monde du haïku, ce très court poème japonais dont on entend le doux son un peu partout…

Comme si en des rangs serrés des ongles de fillette
y étaient incrustés
vif éclat des dorades chez le poissonnier*

Mes ateliers d’écriture ne riment ni avec exercices, ni avec exigence : juste le plaisir d’écrire. Je vous concocte des propositions ludiques adaptées à la séance très courte qu’on passera ensemble. Ces propositions vous emmèneront au cœur de l’esprit japonais. Être présente au monde, pour quelques instants, c’est laisser des poussières d’éternité en débridant son imagination !

*Haïku extrait de L’anniversaire de la salade, Machi TAWARA, Picquier Poche, 2010.
Merci de ne pas reproduire les textes et photographies publiés ici sans m’en avoir fait la demande. Elise Vandel-Deschaseaux.
Mots et toile

Tokyo version sucrée

Bocal d'azukis (haricots rouges à la base de la préparation an)

Bocal d’azukis (haricots rouges à la base de la préparation an)


Une petite échoppe à l’angle de l’immeuble d’un quartier tranquille régale les collégiennes d’à côté de ses dorayakis, gourmandise sucrée composée de deux pancakes réunis autour de la pâte de haricots rouges confits : an. Son cuisinier excelle dans la confection des galettes. Mais la majorité de sa clientèle déplore le manque de soin apporté au an. Il se concentre sur les pancakes sans vraiment faire cas du fourrage. Jusqu’au jour où une mystérieuse femme, plutôt âgée pour travailler, insiste pour qu’il l’embauche sur la simple foi de ses talents culinaires, en l’espèce une pâte de an à tomber. Dès lors, tous deux travaillent en symbiose et aux aurores pour créer des dorayakis qui feront vite la réputation de l’échoppe. Attentif aux gestes et à l’attention que la vieille femme met à l’œuvre pour confectionner son confit, le cuisinier ne regardera plus son métier du même œil. Le dernier film de Naomi Kawase, Les délices de Tokyo (An en version originale) pose un regard poétique et lent sur les choses. Les plans sur les cerisiers qui fleurissent puis se dénudent, les fils électriques des lignes ferroviaires, élément graphique récurrent des paysages urbains de l’archipel, ou bien les étapes de la confection de la pâte de an qui se transforme en une ode à la geste comme élément noble et simple de la vie de tous les jours. Cette attention portée aux choses infimes, animées ou non, est une habitude japonaise, érigée en principe esthétique qui porte le nom d’hosomi et traverse le film de part en part. Une amitié finira par lier la vieille dame, le cuisinier et l’une des collégiennes qui vient régulièrement se régaler de dorayakis. Le titre du film m’a évoqué une ballade nourricière assortie d’un foisonnement de plats, un peu comme dans Le gourmet solitaire. C’est par une fenêtre dérobée que Naomi Kawase pénètre dans l’histoire de son peuple, dans son rapport intime à la nourriture et à l’éphémérité des choses. Un film à voir, absolument.
An, Japon, 2015, scénario et réalisation Naomi Kawase, durée : 1h53, sortie : 27/01/2016.

Tous les textes et photographies publiés sur chezliseron.com sont ma propriété. Merci de ne pas les reproduire, partiellement ou intégralement, sans me l’avoir demandé. Elise Vandel-Deschaseaux.

 

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Thermae Romae, le manga qui vous plonge dans l'Antiquité !

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Thermae Romae, Mari Yamazaki, tomes I, II, III

Le manga trans-historique, la BD qui va-et-vient entre l’Antiquité et le Japon d’aujourd’hui ce sont les six volumes de Thermae Romae. Les nombreuses digressions didactiques de Mari Yamazaki sont présentées sous forme de notes de travail, qui affirment que les bains, la Rome Antique et le Japon sont inséparables. C’est un manga bavard, hyper documenté, j’ai envie de dire déjanté alors même qu’il représente une somme de travail colossale : ben voyez que l’un n’empêche pas du tout l’autre !

L’architecte Lucius Quintus Modestus, architecte de bains à Rome est doté d’une capacité magique au sens de « celui qui peut faire », de l’expert polyvalent. Cette clairvoyance doublée d’une soif de connaissances inextinguible pour son art le mène loin, très loin de sa cité romaine… enfin, vraiment, est-ce si loin que ça en a l’air ?

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Thermae Romae, Mari Yamazaki, tomes IV, V, VI

Mari Yamazaki campe Lucius dans un cadre historique fidèle au roman de Marguerite Yourcenar, les Mémoires d’Hadrien. Elle s’en est imprégné pour brosser la figure de l’empereur Hadrien. Là où commence le manga, Hadrien est déjà au soir de sa carrière politique, bientôt terrassé par la maladie. Seuls des bains quotidiens reculeraient -de peu- le moment de son dernier souffle. Lucius devient son architecte attitré. Il cherche par tous les moyens à lui proposer des bains thérapeutiques, dans lesquels la qualité de l’eau importe autant que le cadre où elle jaillit. Comme ses contemporains, Hadrien adore prendre les eaux. Alors, dès qu’il se trouve à court d’idées, Lucius se retrouve projeté dans le Japon d’aujourd’hui, pays de bains s’il en est. Il ramène les technologies et les agencements thermaux à Rome. Mille et uns détails sur la vie quotidienne dans l’Antiquité émaillent ce récit graphique et historique, qui donnent beaucoup de relief aux planches. Les moments japonais sont aussi d’une grande poésie, teintés d’une pointe de nostalgie… je ne vous en dis pas davantage : lisez-le !

Pour la petite histoire, le manga est une pratique graphique traditionnelle au Japon. Elle remonte au 14° s., lorsque les dessinateurs représentaient des scènes quotidiennes, des anecdotes guerrières ou des légendes sur des rouleaux longs de plusieurs mètres. Ils agençaient alors ces épisodes en séquences, au trait marqué par une grande économie de moyens. Cette façon de dessiner caractérise le manga qui signifie, dans son sens littéral : dessin dérisoire. Deux idéogrammes chinois, man et ga, qui selon certaines sources ont été accolés par Hokusaï au 19°s., veulent dire ‘dessins foisonnants’, et, par extension ‘dessin dérisoire’.

Obnubilée de la liste à tout crin, j’ai élaborée celle que j’associe à Thermae Romae :

Pensées pour moi-même suivi du Manuel d’Épictète, Marc-Aurèle (nombreuses trad. et éditions).

Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar, Plon 1951 (nombreuses rééditions).

De l’eau tiède sous un pont rouge, Shohei Imamura, 2001 (sortie DVD en 2003).

Là, le cheval ne craint rien (comprend qui peut (ou qui suit)).

Thermae Romae, première parution en épisodes dans le mensuel japonais Comic Beam.

Éditions Casterman, tome 1 ISBN 978-2-203-04909-3, tome 2 ISBN 978-2-203-04910-9, tome 3 ISBN 978-2-203-05082-2, tome 4 ISBN 978-2-203-06040-1, tome 5 ISBN 978-2-203-06206-1, tome 6 ISBN 978-2-203-06207-8.

Toutes les images, tous les textes publiés ici {sauf mention contraire} sont ma production et ma propriété. Merci de ne pas les reproduire ou les utiliser sans m’en faire la demande.
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PIL de Mari Yamazaki

PIL, YAMAZAKI Mari, Casterman Écritures, 2013
Dans ce manga plus ou moins autobiographique, Mari Yamazaki nous fait suivre une adolescente au caractère déterminé, Nanami. Elle vit avec son grand-père dans leur maison familiale, tandis que sa mère, musicienne, séjourne longuement en Europe. Nanami a une conscience aiguë des différences sociales et reconnaît dans la musique Punk les revendications ouvrières qu’elle soutient. Fortement engoncée dans son lycée privé où « les filles sont toutes plus riches les unes que les autres », elle prend des décisions radicales et conteste les directives strictes et inconséquentes imposées par son lycée de bonnes sœurs.
L’intérêt de ce manga réside dans la relation profonde qu’ont tissée Nanami et son grand-père. Autant la jeune fille s’échine à économiser les maigres yens dont ils disposent, autant le vieux Tokushirô dépense sans se soucier du lendemain… Tokushirô et Nanami sont aussi malicieux et dotés de répartie l’un que l’autre. Les dialogues et les situations sont rebondissants.
PIL, Mari Yamazaki, Casterman écritures 2013, ©Sobisha 2011 pour la première édition. ISBN 978-2-203-06642-7.

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"Araki enfin. L'homme qui ne vécut que pour aimer". Philippe Forest

Araki enfin. Philippe Forest, Gallimard, Art et artistes, 2008.

« Araki enfin. L’homme qui ne vécut que pour aimer »

Araki c’est Nobuyoshi, rien à voir (ou plutôt, tout à regarder) avec Gregg Araki, le cinéaste. Sulfure et homonymie point barre la comparaison s’arrête là. Nobuyoshi Araki, photographe japonais né à Tokyo en 1940 est l’auteur d’une oeuvre qui prend pour motif central la femme et le sexe féminin. Il résume lui-même cette ballade érotique par la fascination que les femmes exercent sur lui. Philippe Forest sous-titre judicieusement son essai L’homme qui ne vécut que pour aimer. Le motif sexuel peut être littéral (gros plans), métaphorique (fleurs d’orchidée, pivoine), métonymique (séances de bondage), accessoire ou accessoirisé (présence récurrente de dinosaures en plastique métaphores des pulsions d’Araki).
La culture japonaise ne fonctionne pas comme la nôtre, c’est juste une évidence mais il est bon de le souligner parce que cela conditionne quand même la réception des oeuvres. Je ne vous apprendrai peut-être rien de neuf mais j’aurais pas bien belle allure à taire les us suivants. Les japonais adorent les attributs sexuels au sens religieux. Les vulves et autres pénis sont objets de vénération. Au Japon et au printemps, il y a une fête shinto de la Fertilité : Kanamara Matsuri ou festival du phallus d’acier. Ce n’est ni plus ni moins qu’un défilé de pénis géants au milieu d’une foule dense et compacte. Je ne connais guère d’équivalent septentrional, si je me trompe, informez-moi d’éventuels défilés européens où l’on brandit des phallus monumentaux. Les japonais sont aussi réputés pour pratiquer une sexualité « débridée », là encore, c’est une question de point de vue. En tous cas le tabou ultime au pays du Soleil-Levant est de prononcer « je t’aime ». Le comble du film porno japonais est de montrer des visages expressifs, bien plus transgressif que des gros plans sur les organes génitaux.

Nobuyoshi Araki a fait connaître le bondage en Occident. Il photographie énormément ses modèles attachées. Si, pour N. Araki, la corde « est comme une caresse », il faut aussi préciser et nuancer la définition du terme et du concept qui est graduelle. Je la prends dans Japon. Miscellanées :  le bondage est 1. une pratique sado-masochiste qui consiste à ficeler sa ou son partenaire en vue d’agrémenter un rapport sexuel. 2. Le bondage est également une technique très ancienne de torture, un « art du ligotage militaire dont les raffinements se déclinaient selon le rang des personnes à châtier ». 3. Aujourd’hui, le shibari est un art du ligotage progressif à destination érotique agissant par stimulation des centres d’énergie. 4. Pour finir, le bondage de suspension consiste à suspendre le/la partenaire. Comme le soulignent les auteurs, délier est plus dangereux que lier (p. 160).

Cet essai de Philippe Forest vient combler une part manquante à l’analyse de la culture japonaise en France, car il ne l’aborde pas que sous l’angle de l’art photographique. Les formes artistiques traditionnelles du haïku, des ukiyo, et du « roman du je » [développer son oeuvre à la façon d’un récit personnel] dépoussièrent et affinent les définitions que je lis habituellement. Le haïku notamment n’est rien d’autre qu’un jeu, une « enfance de l’art s’exerçant contre* la littérature ».
À la page 31, ce qui tient lieu d’incipit du récit de sa vie publié sous le titre du Voyage sentimental (1971), Araki explique aux lecteurs « qu'(il) n’en peux plus […] parce qu’il y a trop de photographies de mode autour de nous et qu'(il) […] ne supporte pas ces visages, ces corps nus, ces morceaux de vies privées et ces décors qui ont l’air tout aussi faux. Ce livre est différent de ces photographies truquées […] ». Les photographies qui déroulent aussi le fil de sa vie, comme les paragraphes d’un roman, les séquences d’un film, instillent une réalité dans toute chose désirante. Car il y a dans chaque photo de femme la présence de Yoko, sa femme décédée d’un cancer, à laquelle il ligote et relie un peu plus les fragments féminins mis en scène, pour s’approprier le manque de l’être chéri.

*c’est moi qui souligne.

Araki enfin, L’homme qui ne vécut que pour aimer, Philippe Forest, Gallimard, « Art et artistes », 2008, 157 pages. 25,40€. ISBN 9782070120253.
Toutes les images, tous les textes publiés ici {sauf mention contraire} sont ma production et ma propriété. Merci de ne pas les reproduire ou les utiliser sans m’en faire la demande.
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