Les ateliers de l’été

Lorsqu’on a la tête en vacances, lorsque les possibilités de prendre le large se font nombreuses, lorsque les envies d’évasion frappent à la porte, il est temps de lâcher prise… Et cela se fait notamment en se recentrant sur soi. Sur ses désirs profonds. Sur ses rêves enfouis.

Carnets de voyage, La Libre.be, D.R.

L’écriture accueille les impressions, les émotions, les sensations.

Dès le 22 mai, plusieurs stages et journées d’écriture se dessinent à Toulouse. Autant de moments privilégiés pour que vous trouviez dans la page une rencontre avec vous-même. Un groupe de 6 personnes tout au plus se fera une joie d’échanger et de profiter des textes écrits en direct.

Les thèmes et techniques abordés cet été s’orientent vers l’écriture d’une nouvelle, la place de la nature dans un cadre narratif, les correspondances épistolaires sensuelles, les possibilités d’une image pour la fiction, et les stages dans les lieux artistiques : la fondation espace écureuil pour l’art contemporain ou l’espace culturel Saint-Cyprien.

N’hésitez pas à me contacter au 06 60 93 70 15 si vous souhaitez plus de renseignements, je me ferai un plaisir de vous répondre.

Mots et toile

Proposition libre pour écrire lors de ce reconfinement

Nuit bleue.

L’heure d’hiver est arrivée. Le soleil décline plus tôt. Nos journées sont moins longues. Mais le confinement nous assigne à un comportement différent,peu souple, souvent,et qui nous invite à puiser dans nos forces intérieures. Puisque je suis en train de fabriquer mes prochains ateliers d’écriture, que les forces obscures n’ont pas eu raison de moi mais me nourrissent, elles m’amènent vers cette proposition, que je vous partage. Vous y répondez en partageant votre texte par retour de mail : elisevandel@gmail.com. Si vous en êtes d’accord, je les publierai sur mon site et sur mes pages sociales pour que la poésie et l’inventivité circulent, même au coeur de l’hiver et de la nuit ! 

Les mots qui caractérisent la nuit sont nombreux, certains courants, d’autres rares, voire inconnus.

Dans cette liste :

CATHÉMÉRALE – VESPÉRALE – OBSCURITÉ – TÉNÈBRES – NUITAMMENT – NUITÉE – OPACITÉ – SORGUE – NOIR – CRÉPUSCULE – NOCTURNE – ENTRE CHIEN ET LOUP,

choisissez 1 mot ou 1 expression et donnez-en une définition non académique : vous vous laissez porter par les sonorités des mots, les images qu’ils font naître, les paysages qu’ils vous appellent. Écrivez pendant au moins 5 minutes, un petit texte sous forme de notice de dictionnaire mais qui n’en n’a que la forme et pas la fonction.

C’est une définition imaginaire que vous donnez là.

Exemple : vespéral : Adj., littér. Du soir, du couchant; relatif au soir; qui a lieu le soir. Rayon vespéral; heure, oraison vespérale; […] CNTRL.

(j’écris) Vespéral : nom commun masculin ou féminin, qui vient des vêpres et des venins – latin : vesper – et dont l’un des récents beaux exemples de personne vénéneuse, belle et brune et bleue et sombre comme une tubéreuse s’incarne en la personne de Vesper Lynd, (Eva Green) dans le James Bond 007 Casino Royale, spécialement dans la scène de la convalescence au bord du lac de Garde. Daniel Craig lui donnait la réplique. J’aurais aimé être cette femme Vesper-ale ou Vesper-all. Il y a aussi un côté Vespa dans cette musique du mot, la guêpe en italien, et la vespa bourdonne dans les rues de Rome – je voudrais y être, sans confinement, mais avec tout est possible : le voyage intérieur est peut-être plus intense que jamais ?

Voilà donc une manière de faire parmi tant d’autres. Amusez-vous bien !

Mots et toile

Un monde flamboyant

La lettre F est pour fiction
Un monde flamboyant, volumineux et brillant opus qui cristallise son intérêt autour du monde de l’art contemporain, et à partir duquel les thématiques du genre, de la création littéraire, artistique, de leurs identités sexuées, sont développées, prend corps autour du personnage d’Harriet Burden. Cette femme, dont l’on suit les contours de son être-artiste, est créée de toutes pièces par l’auteure, Siri Hustvedt, qui ne s’interdit là aucun parti pris formel ni déploiement intellectuel.

Dans ses précédentes publications – romans, recueil de nouvelles ou d’articles – Siri Hustvedt a donné de multiples occasions à son lectorat de mesurer l’ampleur, la finesse et l’insatiable curiosité de son talent d’écrivaine.

Mais, dans Un monde flamboyant, si le propos se conforme à ses obsessions de femme de lettres, mue par les sciences, la neuropsychiatrie, le fonctionnement financier du marché de l’art, les rouages mondains qui le sous-tendent, l’intrigue emporte tout autre part. Les divergences et leurs nécessaires accords fondent le pilier de ce monde étincelant, tout en autorisant à l’auteure leur dénonciation amusée, qui pique au vif un univers satisfait qui s’enorgueillit de ne jamais sortir de son quant-à-soi. Il y a un soupçon d’Edith Wharton dans cette description amusée et renseignée du who’s who new-yorkais, où quelques figures influentes font la pluie et le beau temps.

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Cycle : My name is George

Ne pas exploiter ses talents ; ne pas vivre pleinement, c’est mourir.

Aurore Dupin, baronne Dudevant dite George Sand.

Illustration de Marina Vandel Francesca Woodman pour les femmes inspirantes My Name is George Le cabinet d'écritures d'Elise Vandel tous droits réservés 2018-2019
Francesca Woodman, ill. Marina Vandel,
Femmes créatrices au travail. D.R.

My name is George, reflète une partie de ma vie de lectrice. Insatiable, qui ricoche d’une phrase à l’autre. Curieuse, qui rebondit d’une idée à l’autre. Passionnée par les vies, les grands moments qui les font et les petits riens qui les subliment. Voilà pourquoi j’ai conçu ce cycle d’ateliers d’écriture dédié à toutes à partir de 16 ans. Je l’ai voulu en non mixité.

Écrire en non-mixité

J’ai voulu que chaque atelier de ce cycle se fasse en non mixité. Pourquoi ? La parole des femmes, souvent délayée, loquace, n’a pas de véritable espace d’expression en tant que débat qui germe sur un terreau créatif. Il y a, bien sûr, de formidables espaces, thérapeutiques entre autres. Or, l’espace offert par My name is George entend décloisonner les frontières entre l’art et la vie, par la pratique de l’écriture. Là où se dépose une parole née d’un b(r)ouillon qui passe par les mots inscrits et les textes lus.

Femmes, marchez d'un bon pas !
Palais de Justice, Toulouse, Femme qui marche.

Retrouver sa part créative

Animatrice d’ateliers, je recueille bien des paroles qui, silencieuses, dans les textes, qui, chantantes, dans les voix, trouveraient à s’accorder dans l’harmonie d’un atelier conçu pour être un lieu de création, d’échange, de partage et de complicité. Alors le cycle, c’est la possibilité régulière de retrouver sa part créative, au travers de l’écriture, à raison de dix mois, deux fois par mois.

Femme lisant, D.R.

Qu’écrit-on ?

Tout d’abord, c’est un éloge de la femme que vous êtes. Il se construit à partir de portraits brossés sur des vies inspirantes, qui donnent la matière à l’écriture. Là, les femmes racontent en écrivant de la fiction. Car, en filigrane et sous couvert de fiction, c’est nous-mêmes que nous racontons. Que nous nous émerveillons. Ainsi, toutes ces femmes qui prennent vie sous votre plume vous font exister davantage. De cette manière, et avec elles, au sein d’un groupe, vos textes naissent et la parole circule. Un atelier d’écriture libératoire et jubilatoire, où se restaure l’individu créatif enfoui en chacune. Les moyens utilisés sont la structure du langage, la construction du texte, qui tisse progressivement une histoire dont tous les fils sont reliés.

5 thèmes, 20 ateliers

Pour finir, My name is George se découpe en 5 thématiques : Aventurières, Inattendues, Dans le viseur, Plasticiennes et Femmes de plume. Cela correspond au chemin sur lequel je veux vous emmener par l’écriture et au cours desquelles vous collectez des outils pour écrire de façon créative et poétique.

Mots et toile

À son image

à son image


Le très beau roman de Jérôme Ferrari, avec pour couverture l’image d’une jeune femme vaporeuse, presque pré-raphaélite…

À son image : un titre de roman en forme d’expression esthétique. Qu’on ne s’y trompe pas, l’écrivain Jérôme Ferrari embrasse dans ce texte le monde ultra-exposé des années ’80 depuis un point central : la Corse. La Corse, île de son enfance, où il vit toujours, terre de vendetta et de beautés naturelles, la Corse que Ferrari fait sienne pour donner son point de vue analytique et synthétique sur le monde. En utilisant l’état de la scène internationale il y a trente ans, Ferrari dresse le tableau d’une société occidentale en proie aux conflits dans laquelle évolue une jeune photographe qui aspire à des clichés autrement plus tremblants que ceux des couples sur les marches des églises. Antonia entre en photographie comme on entre dans les ordres, appareil en bandoulière. Son avidité à se consumer derrière l’objectif prend forme lorsqu’elle couvre les conflits internationaux, Serbie, Yougoslavie… L’écriture de Ferrari ressemble à une geste, cet ensemble de poèmes en vogue au Moyen Âge et qui glorifie la vie de saint-e-s et de hauts personnages. Il transpose le rythme et la règle des Écritures bibliques et saintes à la construction de son roman habité, polyglotte presque, au sens des polyphonies corses qui font entendre plusieurs voix et une seule tout à la fois.
Éditions Actes Sud Littérature, 224 pages, ISBN 978-2-330-10944-8, août 2018.

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