Incipit, vous avez dit incipit ?

Quand vous entendez « incipit », vous vous demandez…

a / de quelle façon se prononce cet olibrius

b / à quoi le mot fait référence

c / les deux à la fois !

Ne doutez plus – du moins sur la signification de ce terme tout droit venu du latin, et éprouvez sa consistance textuelle. Pour éclairer nos lanternes, un peu de lexicologie :

Incipit : du Moyen-Âge : liber, ici commence le livre. Du latin : incipere.

Premiers mots, premiers paragraphes d’une œuvre littéraire et qui annonce la suite du texte. Il sert à déterminer le genre du texte et annonce le point de vue adopté par le narrateur/la narratrice et les choix stylistiques de l’auteur.e. S’il fait florès dans les dispositifs d’ateliers d’écriture, l’incipit ne se réduit pas à la contrainte de départ. Il est en effet bon de s’amuser avec le groupe de mots, la phrase ou le paragraphe entier quand ils sont envisagés comme démarreurs. Mais l’incipit a plus d’un tour dans son sac.

=> il pose une orientation stylistique.

=> il renseigne sur le genre littéraire du texte qu’il introduit.

=> il détermine le point de vue du narrateur.

=> dans le cadre d’une fiction, il apporte, sur un plateau, quelques ingrédients de l’histoire qui se déploiera.

Joyce Carol Oates excelle dans l’orfèvrerie stylistique. Parmi les stages d’écriture créative que je lui consacre, celui d’octobre s’arrime aux incipits. Deux de ses nouvelles seront au centre de 3 journées d’écriture créative et littéraire les 3, 4, 5 octobre :

Le Maître des poupées

Équatorial.

Mots et toile

Se laisser porter par le flot : un printemps 2022

Balade des Quatre Lacs, Jura, mars 2016. D.R.

C’est par un texte ondin, ode à l’eau, que m’a envoyé Ziz, voix familière, que je me suis aperçue qu’il manquait quelque chose en ce début de printemps. Prenons les 4 éléments qui, s’ils se trouvent en proportions égales – équitables, du moins – favorisent un équilibre à l’extérieur de nous, laquelle harmonie se répercute à l’intérieur de nos corps et de nos âmes. Les anciens pouvaient tout résumer dans cette formule consacrée : mens sana in corpore sano. De l’air, il n’en manque pas. Les bourrasques décoiffent, les rafales emportent et le vent abrutit. De la terre, suffisamment, au jardin et par pains. Du feu, en quantités raisonnables, car c’est au soleil de prendre le relais. Mais de l’eau, de l’eau qui court, dans les ruisseaux, dans les torrents, dans les rivières ; de l’eau stagnante, dans les canaux, dans les marais, dans les lacs, dans les étangs ; de l’eau salée, à la mer, à l’océan : le fluide vital se dérobe, car il n’y a de baignade qu’en pleine nature. Dans une étendue salée, la Méditerranée a ma préférence.

Un texte qui plaît est comme de l’eau à bonne température : il enveloppe, murmure, chahute, délivre des secrets. Sans intention particulière, avec de la légèreté et du baume au cœur, c’est ainsi que je vous souhaite d’accueillir le printemps. Primesautier, vert, souple. Clin d’œil à ce propos, je vous livre un texte que j’avais écrit à l’automne 2020, quand les journées mordorées scintillent encore.

J’ai passé quatre jours à Toulon. Cette ville aux étranges connotations s’est avérée un petit bonbon dans ma cartographie d’une France que je garde encore méconnue, comme tant d’autres villes et endroits (la Creuse, le Morbihan, les Alpilles, la Normandie, la Savoie), et Toulon d’apparaître comme une surprise agréable : la mer devant la ville, des rues pavées, des ruelles achalandées, des ciels bleus et les clairs reflets du soleil sur l’eau pour leur répondre, des délices pour le palais, des musées, des librairies. Mon premier souvenir de Toulon remonte à l’été 2019, l’embarcadère pour la Corse, une ville passage, où l’on ne marque pas d’arrêt, une ville sans visage, qui se mure derrière des enceintes édifiées par Vauban pour celle qui se fait surnommer “ville de garnison”. Le point d’ancrage de Toulon, la rade qui accueille des bateaux, est une ouverture vers le large, la méditerranée, la Corse, et, plus au sud, la Sardaigne. Les ferries en mouillage avant leur prochain départ hissent leurs couleurs contrastées de jaune franc et de bleu marine le long des voies routières, face au stade Mayol, en lisière toute proche du centre de la ville. Quelques plages de sable et de galets sont hospitalières, je les devine grossissantes de chairs exposées durant l’été. Mais nous sommes là fin octobre et la plage se repose des corps alanguis, les vagues se lavent des ambres solaires déposant une pellicule grasse, réplique de l’écume, la posidonie a colonisé le littoral sans se faire déloger, les crabes s’amusent, je rentre d’un coup dans cette eau limpide et plutôt chaude – 18° murmurent les habitués derrière – et nage, longtemps. En face de moi, se dessine Saint-Mandrier, j’imagine les îles si luxuriantes visitées cet été, Porquerolles, Port-Cros, les îles d’Or et du Levant. Cette zone tampon qu’est la plage me réjouit toujours, les ressacs d’hier, sous la bruine et les bourrasques, ont laissé place à une dimension toute autre, estivale et chaleureuse sans engourdir, les degrés du soleil servent juste à absorber les gouttelettes salées sur la peau, sans appesantir l’esprit ; l’eau salée a déjà ragaillardi mes membres. Le poulpe grillé sur la purée de carottes montée à l’huile d’olive, mitonné de frais, s’invite dans l’assiette à La Note bleue, guinguette de bord de plage. Une impression délicieuse m’enveloppe, saupoudrée d’été.

Je vous invite à découvrir ou re-découvrir les dates posées jusqu’au 30 avril car elles ont été actualisées. D’ici-là, portez-vous bien, lisez, écrivez, faites-vous plaisir avec ces pratiques infiniment riches.

=> Pour toute session d’écriture, qu’elle soit autonome ou à l’intérieur d’un déroulé cyclique, votre venue ne dépend pas des autres séances. Je souhaite que vous ayez l’expérience de l’atelier, déjà, et, si cela vous convient, vous pourrez toujours revenir.

Textes, photographies Élise Vandel ou libres de droits. Merci de ne pas reproduire, créez votre propre matériel, c'est mieux :)
Mots et toile

Les ateliers de l’été

Ateliers d’écriture de l’été

Lorsqu’on a la tête en vacances, lorsque les possibilités de prendre le large se font nombreuses, lorsque les envies d’évasion frappent à la porte, il est temps de lâcher prise… Et cela se fait notamment en se recentrant sur soi. Sur ses désirs profonds. Sur ses rêves enfouis.

Carnets de voyage, La Libre.be, D.R.

L’écriture accueille les impressions, les émotions, les sensations.

Dès le 22 mai, plusieurs stages et journées d’écriture se dessinent à Toulouse. Autant de moments privilégiés pour que vous trouviez dans la page une rencontre avec vous-même. Un groupe de 6 personnes tout au plus se fera une joie d’échanger et de profiter des textes écrits en direct.

Les thèmes et techniques abordés cet été s’orientent vers l’écriture d’une nouvelle, la place de la nature dans un cadre narratif, les correspondances épistolaires sensuelles, les possibilités d’une image pour la fiction, et les stages dans les lieux artistiques : la fondation espace écureuil pour l’art contemporain ou l’espace culturel Saint-Cyprien.

N’hésitez pas à me contacter au 06 60 93 70 15 si vous souhaitez plus de renseignements, je me ferai un plaisir de vous répondre.

Mots et toile

Nouvelle, nouvelles

La nouvelle est un genre littéraire qui est l’objet de beaucoup de fantasmes. Qu’on en lise ou qu’on la méprise, elle est perfusée de nombreux désirs et malentendus. Pour éclaircir cette production textuelle, qui s’écrit sur moins de pages que le roman, mais tient en haleine parce qu’elle est ramassée, directe et rythmée, essayez vous aussi d’écrire votre nouvelle.

Avec un groupe de participants qui, comme vous, se confronte à la nouvelle, vous découvrirez ou approfondirez beaucoup ce genre. Vous échangerez et enrichirez votre vision.

Vous apprendrez pas à pas les étapes qui font qu’une nouvelle ne ressemble pas à un roman mais s’affirme comme un objet autonome. Vous aurez la satisfaction de la faire naître et voir grandir.

Vous verrez aussi que la nouvelle est diverse et qu’elle n’est pas limitante : construite avec des techniques précises, elle offre une grande liberté de sujet et de ton.

Lors de stages d’un week-end, vous faites partie du groupe de 6 personnes qui active directement son imaginaire au fil de consignes qui guident l’élaboration consciente et créative d’un texte.

Conçue comme un véritable lieu de fabrication de textes, cet atelier a pour ambition de vous donner la clé pour écrire un texte abouti et structuré en deux journées qui mêlent création et échanges.

Comme l’atelier d’écriture ne vous laisse pas seul.e avec vos questions et vos doutes, vous soumettez vos textes en cours d’écriture à un petit groupe de passionné.e.s, curieux comme vous

de produire un objet littéraire, avec son intrigue, son décor, ses personnages et sa chute. L’esprit critique est sollicité : les textes en cours d’écriture sont régulièrement lus et débattus.

À partir de consignes proposées au début de l’atelier, vous élaborez votre cheminement d’auteur.e et mettez en place les moments clés de votre récit. Il n’est pas de meilleure situation pour faire grandir vos textes que les donner à lire, à voir, et à s’épanouir au sein d’un environnement bienveillant et curieux qui, par ses questions et commentaires, vous stimulent.

Mots et toile

Regards obliques

Salut gargouille

Salut gargouille


Gargouille implorant le regard de l’enfant qui passe, curieux. Elle n’a que son corps de pierre, maintes fois retravaillé, pour crier, pour onduler.

Tous les textes et photographies publiés sur chezliseron.com sont ma propriété. Merci de ne pas les reproduire, partiellement ou intégralement, sans me l’avoir demandé. Elise Vandel-Deschaseaux.
 
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