À son image

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Le très beau roman de Jérôme Ferrari, avec pour couverture l’image d’une jeune femme vaporeuse, presque pré-raphaélite…

À son image : un titre de roman en forme d’expression esthétique. Qu’on ne s’y trompe pas, l’écrivain Jérôme Ferrari embrasse dans ce texte le monde ultra-exposé des années ’80 depuis un point central : la Corse. La Corse, île de son enfance, où il vit toujours, terre de vendetta et de beautés naturelles, la Corse que Ferrari fait sienne pour donner son point de vue analytique et synthétique sur le monde. En utilisant l’état de la scène internationale il y a trente ans, Ferrari dresse le tableau d’une société occidentale en proie aux conflits dans laquelle évolue une jeune photographe qui aspire à des clichés autrement plus tremblants que ceux des couples sur les marches des églises. Antonia entre en photographie comme on entre dans les ordres, appareil en bandoulière. Son avidité à se consumer derrière l’objectif prend forme lorsqu’elle couvre les conflits internationaux, Serbie, Yougoslavie… L’écriture de Ferrari ressemble à une geste, cet ensemble de poèmes en vogue au Moyen Âge et qui glorifie la vie de saint-e-s et de hauts personnages. Il transpose le rythme et la règle des Écritures bibliques et saintes à la construction de son roman habité, polyglotte presque, au sens des polyphonies corses qui font entendre plusieurs voix et une seule tout à la fois.
Éditions Actes Sud Littérature, 224 pages, ISBN 978-2-330-10944-8, août 2018.

Mots et toile

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