Anne, ma soeur Anne…

 
Ne vois-tu rien venir ?

Afficher l'image d'origine

1936 – Schiaparelli crée un bracelet en métal et fourrure avec Meret Oppenheim. Laiton, fourrure ; 6,5 x 2 cm, diamètre 8 cm


Les dames à talons hauts font un contre-pied à leurs tracas glissés dans de jolis bas en résille de soir
Les dames à talons hauts swinguent station Opéra irriguent leurs jambes d’un sang neuf à l’affût d’un affable veuf
Les filles en baskets estampillées en mini-shorts, bien roulées, déroulent la voûte plantaire les gambettes fuselées à l’air, miroir des folles années, courant, jamais pressées
vers une transe, une soirée, de café en lycée
Les hommes à talons bas remontent leur short, leur chino, leur bermuda sur l’avenue, sur le boulevard, dans l’allée, la ruelle, et, las,
lèvent les yeux vers l’écureuil à la robe de flamme, caressent la douce fourrure du rongeur, y perdent les doigts, et, stupeur,
se réveillent avec au poignet un bracelet de femme – ils ont glissé jusqu’à Meret Oppenheim.

J’ai rédigé ce texte, je vous remercie de ne pas le reproduire sans me le demander 🙂 Élise Vandel-Deschaseaux
Mots et toile

Livres pour l'été, à lire et à emporter.

couverture
Savez-vous que les librairies vendent presque autant de livres en août qu’à Noël ? De quoi réfléchir… au voyage qu’on peut (s’) offrir avec un livre. Si, en règle générale, je ne lis pas autant que je le désirerais, primo je me dis que c’est passager, deuzio quand je ne lis pas, je fais autre chose (écrire), tertio j’établis des listes de livres à lire et à offrir. Pour cet été, qui s’annonce rien de moins qu’imprévisible sur la question centrale de la météo, je prescris :

  • Glâneurs, Patti Smith, Gallimard, 2015.
  • M Train, Patti Smith, Gallimard, 2016.
  • Tokyo Vice, Jake Edelstein, éditions Marchialy, 2015.
  • Les douze tribus d’Hattie, Ayama Mathis, éditions Gallmeister, 2015.
  • Jours tranquilles, brèves rencontres, Eve Babitz, éditions Gallmeister, 2015.
  • Kafka sur le rivage, Murakami Haruki, Belfond, 2006.
  • Du domaine des Murmures, Carole Martinez, Gallimard, 2011.
  • La grâce des brigands, Véronique Ovaldé, éditions de l’Olivier, 2013.
  • Le Poids des secrets et Au coeur du Yamato, 2 pentalogies d’Aki Shimazaki, Actes Sud.
  • Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie, Gallimard, 2015.
  • Soulfood équatoriale, Leonora Miano, Robert Laffont, 2009.
  • Le gourmet solitaire, Masayuki Kusumi (scén.) et Jirô Taniguchi (ill.), Casterman, 2013.

Cette liste comporte un échantillon de mes passions en littérature, le Japon et les États-Unis, et d’autres auteur(e)s qu’il me tarde de retrouver ou de découvrir 🙂
Et vous, que lirez-vous pendant vos vacances ?

Mots et toile

Marguerite et Nicolas

Afficher l'image d'origine

Marguerite Yourcenar, avec son châle et ses grosses bagues à chaton façon intaille antique. Je pense que la photo a été prise à Petite-Plaisance (Maine, États-Unis).


Afficher l'image d'origine

Nicolas Bouvier, écrivant, dans son atelier.


 
Il y a, parmi les écrivains, deux qui sont des monuments et qui ont fait du déplacement une ligne de conduite : Marguerite Yourcenar et Nicolas Bouvier. Il y a chez ces deux écrivains une naissance – si tant est qu’on puisse démêler de quelle manière et à quel degré les lieux (familiaux et géographique) de la naissance nous conditionnent – dans des tout petits pays, la Belgique et la Suisse. Des pays gros comme un timbre-poste qui leur ont indiqué de suivre la voie pas tracée de l’ailleurs en voyageant, en écrivant. Il y a ces deux écrivains qui sont nés sur un sol où l’humus était de feuilles de livres imprimés de caractères délavés, un humus cultivé à réécrire.

Merci de ne pas reproduire les textes publiés ici.
Mots et toile