JLJE 2016 : Appel à textes

Cabanes à huîtres, Leucate

Cabanes à huîtres des bassins conchylicoles, Leucate


Pour sa 15è édition, la Journée de Littérature Jeunesse et de l’Écrit propose le thème des Ricochets. Sylvie Piacenza récolte les textes qui collent à ce mot bondissant, mot du bord de l’eau qui offre la possibilité d’écrire en dégradés et en fantaisie, ou de triturer l’expression au pied de la lettre. Une contrainte d’écriture ludique, dont toutes les informations pratiques figurent sur le site de la JLJE. Les textes seront lus au cours d’une soirée rencontre à Saint-Bertrand-de-Comminges le samedi 8 octobre 2016. Puis, cerise sur le gâteau, ils seront édités en recueil. Une chouette initiative : écrire sous contrainte, partager ses textes avec les autres auteur-e-s, et les voir rassemblés puis publiés… Alors… À vos plumes !

Mots et toile

Notes et haïkus : écrire en été

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Illustration des Notes de chevet, Sei Shônagon. Crédit de l’image.

Voici une proposition en extérieur pour juin. Au cours d’une séance de deux heures, vous laisserez libre cours aux mots qui naissent, à la sauvette, sur les pages d’un carnet.
Je vous fais des propositions pour écrire en résonance avec le lieu, écho du Japon à Toulouse.
On écoute, on écrit, puis on lit : à voix haute, chacun(e) son tour, en étant attentive/-f aux mots qu’on mâchonne vers son auditoire et, en retour, aux mots dits des autres.
Cet atelier pour toutes et tous (à partir de 14 ans) aura lieu à Compans-Caffarelli (Toulouse), pour partie dans l’enceinte du Jardin Japonais (on déambulera sur les parties autorisées), pour l’autre dans la partie Parc public, sur les bancs à proximité.

Je vous propose de nous retrouver le samedi 25 juin, de 9h45 à midi.

L’horaire tient à deux choses : éviter une éventuelle chaleur, mais surtout les flots de jeunes couples en séance photo de mariage 😉
Après la session d’écriture et de lecture des textes, nous pourrons partager un pique-nique.

Merci de me contacter par commentaire si vous êtes intéressé(e) par cet atelier..

Mots et toile

Deux fois le Montana

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Richard Brautigan, crédit photo : Literary Kicks (litkicks.com)


 
Jim Harrison

Jim Harrison

Deux voix s’élèvent

du Montana

poètes devant la nature

où la truite devient belle

luisante et ondoie sans cesse

entre les vers de l’un et la prose de l’autre

qu’importe leurs degrés

de force et d’amitié

leur verbe est haut, toujours,

une fois la page refermée

le cerf entend le cor

l’étourneau prend son envol

une voix, deux fois,

Richard et Jim

 

Mots et toile

Histoires de terre

Saladier, bol, gobelet et pot : Cécile RENON

La terre est un matériau que je ne connais que pour l’admirer, le caresser, le sentir, le goûter. Un matériau dont d’autres s’emparent, le transformant en merveilles. Mon amie Cécile s’est muée en céramiste à plein temps. Elle me régale toujours de ses avant-premières crues et cuites. Ce que je préfère c’est l’odeur de fumé qui demeure encore longtemps après la cuisson en mode raku. Et quand je vois les beaux objets que j’empoigne pour y verser de l’eau chaude, du café fumant, ça donne une couleur particulière aux choses. Cécile a des doigts de fée, qui chahutent harmonieusement tout ce qu’ils touchent : terre, papier, tissu… À la faveur d’une journée miraculeusement ensoleillée, elle a rempli son jardin de ses dernières fabrications. Nombre de ses pièces en raku nu y figuraient en bonne place. Leur surface dépolie, lisse et douce comme une peau de pêche, contient une simplicité que Jun’ichirō Tanizaki, l’auteur de l’Éloge de l’ombre, ne renierait pas. Éloigné des brillants, du reflet, le raku nu offre sa matité à la pulpe des doigts, enclenche une connivence avec le regard qui s’était éloigné de cette douceur première. C’est le début de contacts redéployés avec l’œil, la main, la bouche qui se pose sur le bord de la tasse. La céramique ? Une expérience sensorielle à portée de la main.

Merci de ne pas reproduire tout ou partie des textes et images figurant sur chezliseron.com/ sans m’en demandé l’autorisation.

 

Mots et toile

Le Karma de Brautigan

Je m’endors sous une constellation nippone, connue de moi et fabriquée avec les mots et les images de Thomas B. Reverdy, Yôko Ogawa, Hokusai et Richard Brautigan. Emballée par son Tokyo-Montana express, je jubile à la lecture des poèmes de Brautigan.

Trousse de réparation pour Karma. Articles 1-4.
1 – Se procurer suffisamment de nourriture, et manger.
2 – Trouver un coin pour dormir, et dormir.
3 – Diminuer le parasitage intellectuel et émotionnel jusqu’à trouver le silence intérieur, et l’écouter.
4 –

Il pleut en amour, Richard Brautigan, traduit de l’américain par Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard, Le Castor Astral, 2003. ISBN 9782859203085, p. 28.

Mots et toile

Chrysanthème

Ma grand-mère habitait en face d’un cimetière
J’aimais aller chez elle souvent le soir après l’école
Elle me racontait des histoires assorties de feux follets de caveaux de concessions familiales de tombes mal refermées
Cette jolie mort dans ma jeune vie aurait pu me faire détester les cimetières
J’ai préféré les adorer
Lire les noms gravés sur les pierres tombales
Deviner qui était le marbrier
Qui avait gravé l’épitaphe
La reproduction d’un portrait photo sur le marbre d’un proche disparu trop tôt dont la rubrique nécrologique express me tirait chaque fois des larmes
Les pompes funèbres passaient
Les corbillards pleuraient
Les fleurs en plastique ou des vraies, cueillies dans le jardin
Le cimetière était joli ni trop grand ni trop petit
Entouré du compost municipal, de la cour de l’école, de la cure bordée d’un trottoir où, d’en face, ma grand-mère se postait et conversait avec les morts.

Tous les textes et photos publiés sur chezliseron.com sont ma propriété. Merci de ne pas en reproduire tout ou partie sans m’en demander l’autorisation. Élise Vandel-Deschaseaux.

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L'Inventoire, Régine Detambel, et moi

Ça fait un peu plus d’un an que j’ai participé à la formation dispensée par Régine Detambel pour une bibliothérapie créative. Son enthousiasme avait été contagieux, ses prises de position radicales, la journée bénéfique, toute bercée par la musicalité des proses et guidée par les thèses énoncées par Régine. Je pourrais décrire par le menu le bienfait, la joie, ou l’indifférence (plus rare) que me procure chacune de mes lectures. Découvrez-en un fragment sur le site de l’Inventoire, où un appel à textes sur le thème des « livres qui prennent soin de nous » livre ses morceaux choisis (mon texte se situe en troisième place sur la page). Bonne découverte !

Mots et toile