Combien de terre faut-il à un homme ?

Combien de terre faut-il à un homme ?

Combien de terre faut-il à un homme ?


Je ne sais pas combien de terre il faut à un homme. Je dirais -naïvement- qu’il lui en faut pour le nourrir, lui et sa famille, ainsi qu’un peu plus pour qu’il cultive des denrées à vendre… C’est précisément ce « plus » que questionne la superbe adaptation d’une nouvelle de Léon Tolstoï par Annelise Heurtier (auteure) et Raphaël Urwiller (illustrateur). Un album au format à l’italienne qui a la grâce un peu désuète des images imprimées en risographie. Mais le petit nombre de teintes très vives employé dans ces pages splendides confère à l’album une contemporanéité et un dynamisme qui servent bien le propos. À savoir la cupidité et l’avidité d’un moujik (paysan russe), Pacôme, qui ne se contente pas de la vie simple qu’il mène dans son isba. Au contraire, Pacôme envie tant et plus les parcelles de ses voisins, jusqu’à en perdre la vie. Ces sentiments de frustration conduisent en effet Pacôme à l’autre bout du royaume,  à l’autre bout de son existence, qu’il imaginait toujours plus agréable, enviable et confortable au fur et à mesure des acquisitions qu’il réalise.
Les thèmes de l’envie de possession matérielle et de la (prétendue) nécessité d’accumulation font largement écho aux travers de nos sociétés occidentales, replètes et, parfois, déboussolées. La quête de la propriété, les injonctions à l’accumulation de biens : Pacôme les vit, déjà, au tournant du 20° siècle. Il ne fait pas figure de sage, s’essoufflant littéralement à rechercher l’extension de ses propriétés.
Août 2014. 40ISBN : 9782364744912.

Petits éclats de Gincla

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Fleurs de genêt


Pétales regonflés par le soleil. Poches pleines de jaune, striées de délicates griffures orangées sur le chapeau. Rares fleurs de cette couleur tout en haut. Buissons d’or sur le chemin qui serpente la forêt ombragée. Buissons d’or qui réchauffent l’iris.
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Verdure et caillasse


Amélanchiers, broussailles, garrigue, sarriette et thym odorant sur les flancs de la montée rocailleuse. Mélange des genres dans la montagne luxuriante.
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Bourgeonnant printemps


Petits boutons d’or et d’argent enfin se dessinent sur les tiges boisées désespérées de se renouveler. Mai, enfin.
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Gentiane


De cette gentiane colorée, noble bleue, sur le sol aride et hostile. De cette étoile cyanurée on ne tire pas d’alcool. Juste un plaisir visuel. Étoile horticole des hauteurs.
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Fleurs des montagnes


Parterre accueillant de pompons mauves, pas une glycine, mais rampante sur les rectangles ardoise et dur.