Et des blocs obscurs

Un soir noir, un soir noir après la journée ensoleillée, un soir noir après la journée ensoleillée à demi passée au cinéma pour regarder La Maison au Toit Rouge, un film japonais très lent, très beau, profond.

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Montagne coiffée

Ciel bleu fuyant et orange aussi, un prélude à la nuit. Tilleul, sapin, chêne, vignes. Les formes ciselées opaques se découpent sur le rideau lacté d’avant les rêves. Songe en noir et blanc, songe en polychrome, insomnie une parenthèse dans le sommeil, un trait d’union avec la vie.

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Tilia negra


Jeunes pousses en quelques jours épanouies, branchage bien rempli, feuillage ébaubi. Le tilleul domine le petit jardin dont il devient le parasol l’été.

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Un printemps comtois

Comtois, rends-toi ! Nenni, ma foi !

j’aime bien cette phrase des comtois prononcée contre les assaillants français, du temps où la Comté n’était pas encore tout à fait franche… Elle est devenue proverbiale. Je me suis rendue dans ma contrée natale aux dernières vacances de printemps, où les splendides journées ensoleillées m’ont fait complètement oublier que je suis toulousaine d’adoption. Et ce ne sont pas les rideaux de pluie qui transforment la ville rose en grisaille ces jours-ci qui me feraient mentir ! De la vallée de l’Ognon aux vignobles de Montaigu, quinze jours de beau temps absolu. Quelques extraits pêle-mêle de cette trop courte escapade entre famille et amis.

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village de Moiron


Terres calcaires aux mille verts, du vin coule dans nos verres, nos têtes sont à l’envers. Vin de toutes les couleurs : paille, jaune, réhaussé de bulles – ici, comme le rouge est rosé. Un ballon par-ci, un ballon par-là, et Rouget de Lisle avec sa pinte de bière a engendré une Marseillaise enivrante.
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Hanami lointain, un ami lointain


Fleurs de cerisier, le long de la Saône les arbres fruitiers sont plantés et les fleurs éclatent, délicates. Les fruits juteux et écarlates seront nombreux à tenter les oiseaux même au bord de l’eau.
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Dentelle parfumée, filtre coloré

Je veux faire avec toi ce que le printemps fait avec les cerisiers.

Pablo Neruda

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Lumière sur la rivière


Taches argentées sur le filet gris, bleuté, taches prises par surprise, taches ensoleillées.
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Lignes de … pêche, de fuite


Ponton graphique et eau dormante, mélange des genres au bord de la Saône jolie. (Scey-sur-Saône)
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Tulipe carmin


La tulipe lippue pose dans le jardin. La tulipe dore une dernière fois ses pétales couleur de sang dans les rais d’or et renvoie sa soie coquelicot – le coq luit là-haut.

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Thermae Romae, le manga qui vous plonge dans l'Antiquité !

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Thermae Romae, Mari Yamazaki, tomes I, II, III

Le manga trans-historique, la BD qui va-et-vient entre l’Antiquité et le Japon d’aujourd’hui ce sont les six volumes de Thermae Romae. Les nombreuses digressions didactiques de Mari Yamazaki sont présentées sous forme de notes de travail, qui affirment que les bains, la Rome Antique et le Japon sont inséparables. C’est un manga bavard, hyper documenté, j’ai envie de dire déjanté alors même qu’il représente une somme de travail colossale : ben voyez que l’un n’empêche pas du tout l’autre !

L’architecte Lucius Quintus Modestus, architecte de bains à Rome est doté d’une capacité magique au sens de « celui qui peut faire », de l’expert polyvalent. Cette clairvoyance doublée d’une soif de connaissances inextinguible pour son art le mène loin, très loin de sa cité romaine… enfin, vraiment, est-ce si loin que ça en a l’air ?

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Thermae Romae, Mari Yamazaki, tomes IV, V, VI

Mari Yamazaki campe Lucius dans un cadre historique fidèle au roman de Marguerite Yourcenar, les Mémoires d’Hadrien. Elle s’en est imprégné pour brosser la figure de l’empereur Hadrien. Là où commence le manga, Hadrien est déjà au soir de sa carrière politique, bientôt terrassé par la maladie. Seuls des bains quotidiens reculeraient -de peu- le moment de son dernier souffle. Lucius devient son architecte attitré. Il cherche par tous les moyens à lui proposer des bains thérapeutiques, dans lesquels la qualité de l’eau importe autant que le cadre où elle jaillit. Comme ses contemporains, Hadrien adore prendre les eaux. Alors, dès qu’il se trouve à court d’idées, Lucius se retrouve projeté dans le Japon d’aujourd’hui, pays de bains s’il en est. Il ramène les technologies et les agencements thermaux à Rome. Mille et uns détails sur la vie quotidienne dans l’Antiquité émaillent ce récit graphique et historique, qui donnent beaucoup de relief aux planches. Les moments japonais sont aussi d’une grande poésie, teintés d’une pointe de nostalgie… je ne vous en dis pas davantage : lisez-le !

Pour la petite histoire, le manga est une pratique graphique traditionnelle au Japon. Elle remonte au 14° s., lorsque les dessinateurs représentaient des scènes quotidiennes, des anecdotes guerrières ou des légendes sur des rouleaux longs de plusieurs mètres. Ils agençaient alors ces épisodes en séquences, au trait marqué par une grande économie de moyens. Cette façon de dessiner caractérise le manga qui signifie, dans son sens littéral : dessin dérisoire. Deux idéogrammes chinois, man et ga, qui selon certaines sources ont été accolés par Hokusaï au 19°s., veulent dire ‘dessins foisonnants’, et, par extension ‘dessin dérisoire’.

Obnubilée de la liste à tout crin, j’ai élaborée celle que j’associe à Thermae Romae :

Pensées pour moi-même suivi du Manuel d’Épictète, Marc-Aurèle (nombreuses trad. et éditions).

Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar, Plon 1951 (nombreuses rééditions).

De l’eau tiède sous un pont rouge, Shohei Imamura, 2001 (sortie DVD en 2003).

Là, le cheval ne craint rien (comprend qui peut (ou qui suit)).

Thermae Romae, première parution en épisodes dans le mensuel japonais Comic Beam.

Éditions Casterman, tome 1 ISBN 978-2-203-04909-3, tome 2 ISBN 978-2-203-04910-9, tome 3 ISBN 978-2-203-05082-2, tome 4 ISBN 978-2-203-06040-1, tome 5 ISBN 978-2-203-06206-1, tome 6 ISBN 978-2-203-06207-8.

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Chaleur retrouvée

Ah, voilà le printemps !

Ah, voilà le printemps !

Promenade urbaine

Coquelicots écarlates peints sur ton chemisier, une légère brise encore fraîche caresse les visages, les peaux nouvellement dénudées, pâles et avides de lumière pour dorer. Chaises parsemées sur les terrasses des bistrots, des restaus, des cafés. Cinq ou six jonquilles dans des vases arrimées. Les orteils peints, dégagés des gangues tissutées, fièrement arborés, revivent. Cheveux lâchés, crânes délestés des bonnets, visages ouverts à l’air de pollens chargé, oreilles ornementées. Paroi bleue, étendue azure, filets blancs des avions, tout en haut, dans l’air chaud.

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Jour de grève

Orange sur fond blanc

Orange sur fond blanc

Jour de grève

Sur le trottoir
Foulés nombreux aujourd’hui
Badauds absents, impatientes hystériques
Folles de cette trouée dans leur précieux temps du jour
Ingrates des combats menés tambour battant
Battant le pavé
Ne battant que ce qui leur est gré
Jour de grève
Bouches de métro pleines à craquer
Boyaux souterrainement comblés, affluence record, calme, recueillement, délicieuse parenthèse dans l’espace-temps
Antidote ralentir
Tous ceux qui ont arraché ce droit
Lourde bataille
Pas un vain combat
Jour de grève
Qui laisse en suspens le lendemain
Embellie ou dégradation.

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Montagne Noire

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Chenilles processionnaires


Rang urticant, à première vue charmant,
Procession en déroute, sur le chemin caillouteux,
Progresse lentement, éloigne les curieux.
Dans le vent

Dans le vent


Tronc dansant, penché, élégant, souple, buissons odorants : thym, sauge, lavande – pommes de pin de ci, de là, épines partout. Surface aride, ventée, contreforts de la Montagne Noire.
La flaque

La flaque


Plic, ploc, plac, la flaque.
Eau croupie, peu profonde, eau de pluie.
Petites mains, cailloux jetés, petits pieds mouillés.
Grisaille – dans le soleil, argentée. Chemin de caillasses et bosquets.

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