Souvenirs de Berlin-Est


J’ai découvert Berlin à l’été 2003, cet été désormais « fameux » par ses températures caniculaires pendant lequel j’avais trouvé bon de troquer les terres alors chaudes de la Franche-Comté pour les contrées septentrionales de l’Europe. Elles seraient forcément moins accablantes que celles où j’habitais alors et dont le climat continental promet des étés chauds et parfois même étouffants. Je venais de soutenir mon DEA en histoire de l’art médiéval. Je ressentais une aversion profonde, viscérale pour tout ce qui était patrimonial et livresque dans son acception universitaire, j’en avais trop ingéré, proche de l’overdose. Alors… prendre la température de villes hanséatiques bouillonnantes comme Hambourg et ses docks à l’architecture romanesque, Brême et ses musiciens, enfin la continentale Berlin et ses strates historiques multiples qui comblent tout voyageur à l’âme d’archéologue du présent : un périple qui fut salvateur.

Cet itinéraire révéla aussi combien les villes allemandes, presque de fait désertées par les touristes français, sont riches et belles. Le point d’orgue devait être la capitale du Brandebourg, Berlin. Elle se dressait dans mon imaginaire comme un lointain rêve de grandeur, grandeur effacée par les guerres du 20° s., mais aussi comme un phénix, qui vivait aujourd’hui grâce à un terreau propice aux cheminements artistiques les plus expérimentaux. Je ne vais pas énumérer ici les richesses et curiosités de la ville, toutes plus nombreuses à l’est qu’à l’ouest, d’excellents guides existent pour cela.

Souvenirs de Berlin-Est

Souvenirs de Berlin-Est

Le retour de Berlin n’appela rien d’autre qu’un désir profond d’y retourner, si bien que pour combler cet appétit, je me ruai sur le très documenté et poétique Souvenirs de Berlin-Est de la plasticienne, photographe, écrivaine et réalistrice Sophie Calle. C’est un petit ouvrage de pas tout à fait 70 pages qui a été réalisé pour l’installation éponyme de Sophie Calle au musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg (6 nov. 1999-30 janv. 2000) : Souvenirs de Berlin-Est. Je trouve qu’il est un excellent lien avec les traces du passé qu’on ramène avec soi en quittant Berlin. Ces empreintes se révèlent si nombreuses et si fortes que le petit morceau de mur serait par hasard tombé dans notre poche, et distillerait son histoire sous la forme d’un récit mémoriel et symbolique.

La démarche de Sophie Calle consiste à faire de la vie quotidienne un roman. En choisissant d’exhumer certains morceaux de l’ex-bloc communiste, Sophie Calle redonne vie à un passé politique. Elle sélectionne des symboles, encore présents, toujours visibles ou disparus : au fil de son enquête, elle fait parler les fantômes autrefois symboles de la moitié Est de la ville.

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Sophie Calle, Souvenirs de Berlin-Est, Actes Sud, 2003 (1ère édition mai 2000).

A propos elise vandel

Écrivain public et animatrice d'ateliers d'écriture à Toulouse, ponctuellement à Lyon et en Franche Comté, j'écris pour vous et fais écrire les autres.
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Un commentaire pour Souvenirs de Berlin-Est

  1. Ricurt Mcl dit :

    je vais vite réserver Berlin est à la biblio, je ne le connais pas et ne connais pas non plus Berlin mais je ne désespère pas d’y aller un jour. Merci mcSolex

    J'aime

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