Tableaux nocturnes, atelier d’écriture autour d’Alain Bashung

Couverture de l'album "Fantaisie militaire", Alain Bashung, 1998. Elise Vandel chezliseron

Couverture de l’album « Fantaisie militaire », Alain Bashung, 1998, Barclay. Photo Laurent Seroussi, DR.

Poète amoureux de l’ivresse nocturne, résolument sensible à l’éphémère comme contournement de la gravité des choses, Alain Bashung signait des albums aux chansons âpres, riches et profondes. Pour cet atelier en soirée, un des premiers que je propose, je vous invite à arpenter la langue poétique, aux accords majeurs, d’un chanteur que j’adore depuis 40 ans bientôt.

À l’instar d’un Arthur H, les textes de ses chansons sont propices à l’écriture d’un langage poétique, bien sûr, mais aussi visuel et narratif. Osez Joséphine, La nuit, je mens ou encore Aucun express emportent les mots vers des contrées nocturnes lumineuses, tangibles, où s’épanouit l’esprit des rêveurs.

À l’écrit, nous réinventerons la mélodie que la musique transporte. Durant ces trois heures d’écriture, nous embarquerons vers des contrées harmonieuses toutes en phrases et en rythmes. Pour s’imprégner de la langue d’Alain Bashung, il sera question d’oxymores, d’oppositions, de contrastes. Pour situer la géographie de cette ballade vespérale, il sera question de petits tableaux.

Aucun express ne m’emmènera
Vers la félicité
Aucun tacot n’y accostera
Aucun Concorde n’aura ton envergure
Aucun navire n’y va
Sinon toi
Aucun trolley ne me tiendra
Si haut perché
Aucun vapeur ne me fera fondre
Des escalators au chariot ailé
J’ai tout essayé
J’ai tout essayé
J’ai longé ton corps
Épousé ses méandres
Je me suis emporté
Transporté
Par delà les abysses
Par dessus les vergers
Délaissant les grands axes
J’ai pris la contre-allée
Je me suis emporté
Transporté
Paroles extraites d‘Aucun express, Alain Bashung.
Mots et toile

Fabriquer son livre d’artiste

Livre pauvre Daniel Leuwers

Livre pauvre Daniel Leuwers, D.R.

Fabriquer son livre d’artiste, c’est entrer dans le laboratoire du livre comme amusement. Nous utiliserons notamment des matériaux qu’on a à portée de main. À l’issue de cette journée, chacun-e repart avec un objet fini. Cet atelier s’adresse à tous les publics à partir de 10 ans. Atelier limité à 10 places. 55€/personne, tout le matériel est fourni.

Papiers nobles, papiers recyclés, objets de rebuts, objets glanés dans la nature, récup’ diverse : les éléments qui entrent dans la fabrication de votre livre d’artiste trouvent là une seconde vie. Et c’est ce qui m’intéresse : donner ses lettres de noblesse aux matériaux dits pauvres ou déconsidérés à partir du moment où ils ont « servi ». Durant cette journée créative, je vous proposerai :

  • d’écrire un texte poétique,
  • de tracer, à la manière des enlumineurs dans les marges et sur les pages des manuscrits,
  • de donner forme à votre livre,
  • et de repartir avec l’objet créé !

Le livre d’artiste est un livre original, dont le tirage, souvent, n’excède pas quelques exemplaires (de 2 à 7). Il mobilise un-e artiste poète-poétesse et plasticien-ne. Pierre Alechinsky, Stéphane Mallarmé ou Henri Matisse ont défendu le livre à peu d’exemplaires.

Fabriquer son propre livre d’artiste, c’est se faire artiste de l’écrit et de l’image. Écrire un texte original et le sublimer en le recopiant, manuscrit, sur une surface de papier qui reçoit aussi des signes graphiques : poésie du trait, poésie des mots, poésie de la trace. On l’appelle aussi livre pauvre. Et par cette appellation volontairement provocatrice désigne un livre entièrement manuscrit et manufacturé, l’art est perméable au quotidien. Dans la plus pure tradition des livres enluminés du Moyen-Âge, on se surprend à donner naissance à des livrets admirables, étonnants, colorés, texturés, qui tiennent dans un sac et s’exposent sur une étagère ! Une façon ludique et poétique de mettre en lumière sa créativité en deux et en trois D.

Mots et toile

Marathon des mots : atelier d’écriture

embed-joan-didion-self-respect-vogue-text

Joan Didion, « Self respect », Vogue, juin 1961.

En juin, Toulouse accueille le Marathon des mots. Notre atelier d’écriture prendra, le temps d’une parenthèse américaine, les routes de l’ouest en compagnie de Joan Didion. Son recueil L’Amérique. Chroniques, est le socle sur lequel je bâtis les propositions de ce sixième et dernier atelier à Ombres Blanches avant les vacances d’été. Les chroniques de Didion forment un recueil d’une soixantaine de textes courts. Genre hybride, vieux de plusieurs siècles, la chronique est encore une voie une voie contemporaine. À la jonction de l’information et de la littérature, elle a toute sa raison d’être aujourd’hui, du support digital à l’imprimé. Blog, presse, littérature : elle est irremplaçable et sacrément efficace, dense et rythmée, légère et grave.

Mots et toile

Samedi 8/06 le nu, la peinture…

et Éros en fait toute une histoire ! Dernière séance de notre cycle annuel Écrire Éros, c’est l’occasion d’échanger sur nos perceptions sensuelles dans les peintures. Synesthésies, correspondances : peinture et écriture tissent là des textures serrées par l’entremise des fils et des lignes.

Danaë ou la pluie d’or, Gustav Klimt. 73 x 88 cm. DR.

Mots et toile

Samedi 18/05 une pincée de mythologie

« Persée délivrant Andromède », détail. MBA Lyon, terre cuite de Joseph Chinard, 1791. H. 129 cm, L. 50 cm, P. 69 cm. Legs Joseph Chinard, 1813, Inv. H 799.

« Quand tu arriveras près de Méduse », dit la déesse à Persée, « ne regarde que le reflet de la gorgone dans le bouclier. Ainsi, elle ne pourra pas te changer en pierre. »

Quelques frissons saupoudrent cet atelier consacré au mythe de Persée. L’objet de notre attention sera la sculpture de Joseph Chinard (photo), dont je vous proposerai une lecture décalée et une exploitation à la fois visuelle et littéraire ! Venez faire frémir vos plumes pour cet avant-dernier atelier du cycle Écrire Éros !

Mots et toile

Jeudi 9/05 Atelier d’écriture L’histoire à venir, 2

Céramique, Ule Elwelt. D.R.

Le festival L’histoire à venir prend ses quartiers dans la ville rose pour la troisième année consécutive. Du 23 au 26 mai 2019, Patrick Boucheron et François Hartog animeront des débats en compagnie de nombreuses équipes sur le thème « En commun ».

Structures de l’existence – Cellules, Louise Bourgeois, D.R.

Le propos des historiens est de réengager l’histoire dans un mouvement dynamique de par son écriture et le matériau mouvant que forme le présent.

Tel est le propos du festival, dont sont partenaires la librairie Ombres Blanches, les éditions Anacharsis et l’Université Jean-Jaurès.

Pour les 2 ateliers d’avril et mai à Ombres Blanches, que j’intitule L’histoire à venir, 1 et L’histoire à venir, 2, les propositions d’écriture sillonnent les siècles.

En mai, de l’ère paléolithique à aujourd’hui, par quel creuset l’homme se frotte-t-il à ce qu’il y a d’humain ? Comment les récits d’hier irriguent l’aujourd’hui ? Quel matériau cela produit-il ? Une matinée pour écrire en résonance avec le passé dans une écriture résolument contemporaine et affranchie, heureuse de dire le monde avec poésie.

Mots et toile

Jeudi 11/04 Atelier d’écriture L’histoire à venir, 1

Grotte de Lascaux

Le festival L’histoire à venir prend ses quartiers dans la ville rose pour la troisième année consécutive. Du 23 au 26 mai 2019, Patrick Boucheron et François Hartog animeront des débats en compagnie de nombreuses équipes sur le thème « En commun ». Le propos des historiens est de réengager l’histoire dans un mouvement et dynamiser son écriture de la richesse mouvante du présent. Tel est le propos du festival, dont sont partenaires la librairie Ombres Blanches, les éditions Anacharsis et l’Université Jean-Jaurès.

Pour les 2 ateliers d’avril et mai à Ombres Blanches, que j’intitule L’histoire à venir, 1 et L’histoire à venir, 2, les propositions d’écriture sillonnent les siècles.

En avril, de l’ère paléolithique à aujourd’hui, par quel creuset l’homme se frotte-t-il à ce qu’il y a d’humain ? À travers une galerie d’images diachronique, ce sera l’écriture d’une odyssée d’hier à demain qui mobilisera les écrivant-e-s.

Mots et toile

Samedi 6/04 Roman-photo

Cut up 18/11/2017, Elise Vandel

En avril, Le Cabinet sort de l’écriture pure en vous proposant une après-midi consacrée à la confection d’un livret inspiré du roman photo. Riche de narration, hybride, non-institutionnel, le roman-photo débride les imaginations.

C’est naturellement qu’il prend toute la place qu’il doit occuper dans le cycle Écrire Éros. Travaux plastiques à la clé, je vous apporterai tout le matériel pour que vous confectionniez un livret à l’aide de collages et découpages, au fil d’une narration que vous structurerez lors de l’atelier.

Mots et toile

Jeudi 14/03 Atelier d’écriture Au printemps, les poètes

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.

La matinée d’atelier de mars fonctionne avec la pulsation de la 20e édition du Printemps des poètes. 2 propositions pour dire l’émerveillement. La forme sera la prose poétique, qui mêle narration et poésie.

Mots et toile

Samedi 9/03 la peau, support des sensations

Deux hommes tatoués, époque Edo, D.R.

La peau est l’organe qui s’offre à tous les vents, qui crépite sous les morsures du soleil. L’épiderme s’embellit sous l’effet de l’aiguille, fin stylet qui distille encre et motifs de beauté. La peau est un support d’expression et un support de sensations. À propos des liens entre la beauté et la douleur, que dit Le Tatouage de Junichirô Tanizaki ? La seconde est-elle nécessairement le corollaire de la première ? Un atelier pour travailler le conte autour de l’art du tatouage.

Chaque instillation d’encre lui coûtait un effort infini ; chaque mouvement pour enfoncer et retirer l’aiguille lui arrachait un profond soupir, comme s’il perçait son propre cœur comme un asservissement total.

« Le Tatouage », Junichirô Tanizaki, première parution 1901, nombreuses rééditions.

Mots et toile