Le Cabinet d’écritures vous propose d’écrire… lors de ce confinement #2

Nuit bleue.

L’heure d’hiver est arrivée. Le soleil décline plus tôt. Nos journées sont moins longues. Mais le confinement nous assigne à un comportement différent, peu souple, souvent, et qui nous invite à puiser dans nos forces intérieures. Puisque je suis en train de fabriquer mes prochains ateliers d’écriture, que les forces obscures n’ont pas eu raison de moi mais me nourrissent,elles m’amènent vers cette proposition, que je vous partage. Vous y répondez en partageant votre texte par retour de mail à : elisevandel@gmail.com. Si vous en êtes d’accord, je les publierai sur mon site et sur mes pages sociales pour que la poésie et l’inventivité circulent, même au coeur de l’hiver et de la nuit ! 

Les mots qui caractérisent la nuit sont nombreux, certains courants, d’autres rares, voire inconnus.

Dans cette liste :

CATHÉMÉRALE – VESPÉRALE – OBSCURITÉ – TÉNÈBRES – NUITAMMENT – NUITÉE – OPACITÉ – SORGUE – NOIR – CRÉPUSCULE – NOCTURNE – ENTRE CHIEN ET LOUP,

choisissez 1 mot ou 1 expression et donnez-en une définition non académique : vous vous laissez porter par les sonorités des mots, les images qu’ils font naître, les paysages qu’ils vous appellent. Écrivez pendant au moins 5 minutes, un petit texte sous forme de notice de dictionnaire mais qui n’en n’a que la forme et pas la fonction.

C’est une définition imaginaire que vous donnez là.

Exemple : vespéral : Adj., littér. Du soir, du couchant; relatif au soir; qui a lieu le soir. Rayon vespéral; heure, oraison vespérale; […] CNTRL.

(j’écris) Vespéral : nom commun masculin ou féminin, qui vient des vêpres et des venins – latin : vesper – et dont l’un des récents beaux exemples de personne vénéneuse, belle et brune et bleue et sombre comme une tubéreuse s’incarne en la personne de Vesper Lynd, (Eva Green) dans le James Bond 007 Casino Royale, spécialement dans la scène de la convalescence au bord du lac de Garde. Daniel Craig lui donnait la réplique. J’aurais aimé être cette femme Vesper-ale ou Vesper-all. Il y a aussi un côté Vespa dans cette musique du mot, la guêpe en italien, et la vespa bourdonne dans les rues de Rome – je voudrais y être, sans confinement, mais avec tout est possible : le voyage intérieur est peut-être plus intense que jamais ?

Voilà donc une manière de faire parmi tant d’autres. Amusez-vous bien !

—————————————————————————

Cliché S. Vergine.

Un cabinet est une pièce réservée au travail intellectuel, une salle où sont exposés des objets rares, ayant une valeur documentaire ou de collection.

L’idée de concentrer l’écriture manifeste un besoin de mots, de peur qu’ils ne s’échappent, que leur sens ne s’élime, que leurs nuances ne passent. Écrire traduit une nécessité intérieure et une compréhension du monde par les textes, lus, écrits, dits. Le Cabinet d’écritures regroupe des ateliers où le dire s’invente, où le langage se crée. 

Le plus grand plaisir que je retire de l’écriture ne tient pas au sujet, mais à la musique interne des mots.

Truman Capote.

Ici et ailleurs

Quand on écrit, on est présent à soi, à sa pulsation intime, à son rythme, et le stylo agit comme le transcripteur de nos états intérieurs. De la feuille, posée là, à la rivière de mots qui coule pour produire des textes, il y a un passage par un autre lieu : cet ailleurs, c’est en nous qu’il se trouve.

L’atelier d’écriture est le lieu par excellence où peut se déployer l’intelligence intuitive du monde, et où cette intuition peut inventer ses territoires.

La chaufferie de langue, Dispositifs pour ateliers d’écriture, Philippe Berthaut, éditions Érès, 2011, p. 11.

La condition de l’écriture

Je suis convaincue que le lieu – géographique, social – où l’on naît et celui où l’on vit offrent sur les textes écrits, non pas une explication, mais l’arrière-fond de la réalité où, plus ou moins, ils sont ancrés.

Le vrai lieu, Annie Ernaux, Entretiens avec Michelle Porte, Gallimard, 2014.

Écrire, c’est d’abord poser des mots sur des émotions et des choses vécues. Écrire, c’est puiser à la source de soi-même. Écrire, c’est ne plus taire. Écrire, c’est alimenter sa créativité, à partir d’un matériau double : imaginaire et intimité.

Ateliers d'écriture
Noircir le papier…

Lieu nomade, le Cabinet d’écritures prend en compte notre dimension humaine, à la fois intime et universelle. Il a pour objet de mener des projets ancrés dans la création et l’expression de soi, en utilisant comme principaux outils :

  • l’écriture et l’art
  • l’objet-livre comme support de narration, d’imagination et objet de culture, de savoir-faire et de techniques
  • le livre comme outil de lecture à voix haute
  • la lecture à voix haute des textes produits en ateliers.

On écrit en atelier pour : Expérimenter. Réfléchir. Imaginer. Partager. Créer dans un espace. Avec mes propositions, les mots sortent, se posent sur la page, prennent du sens, les phrases se structurent, le texte se tisse. Renouez avec votre créativité, développez votre potentiel expressif. On rejoint l’atelier pour : Respirer. Exprimer. Dire. Faire circuler. Au cœur de nos existences trépidantes, l’atelier est une parenthèse qui invite à ralentir, à savourer la matière des mots. Émerveillez-vous au contact des textes, les vôtres et ceux des autres.

Ateliers d'écriture cycle états-unis Le Cabinet d'écritures Elise Vandel D.R.

Renouer avec son individualité par le biais de la création. Le sens premier, le sens antique du verbe créer, c’est faire poésie…

Isabelle Fraysse @GrafiCréation @Points Traits Tâches - Elise Vandel. Cabinet d'écritures, 2018-2020, D.R.
Isabelle Fraysse, D.R.

Au début, étaient le trait, le geste – après vient l’écrit. Tout commence par le corps et le mouvement ! L’écriture est mouvement, l’encre fait trace sur la page écrite, s’accroche sur la ligne, fil de soi•e où se balancer. Je propose trois grands types d’ateliers : des ateliers à visée littéraire, des ateliers dans des lieux artistiques et culturels, et des ateliers qui mêlent arts graphiques, lettrage et production écrite. Tout pour que la page blanche soit un vain mot. Vous venez en atelier avec des motivations diverses et je mets en œuvre mon expérience, mes préférences et mon savoir-faire pour que vous trouviez votre propre langage.  

Ma propre expérience de l’écriture passe par la résolution de problèmes. Le cerveau humain est fait pour ça. Il jubile devant les puzzles, les énigmes. C’est un défi neurologique très excitant. Si vous êtes écrivain, vous résolvez des problèmes à chaque paragraphe, à chaque phrase, le livre est un jeu de construction que vous tentez d’organiser. Et le lecteur joue ensuite avec vous, en entrant dans votre mécanique.

Entretien : Joyce Carol Oates, Télérama n° 3345 – février 2014.

Mots et toile